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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CRÉTINISER

verbe transitif
[Le compl. désigne une pers. ou un groupe de pers.] Rendre crétin, affliger de crétinisme*.
A. —[Le suj. désigne une pers. ou un groupe de pers.] Ils te crétinisent raide à l'école, tu n'étais pas si bête! (Zola, Œuvre, 1886, p. 48). Quel vacarme politique! Voilà comme on crétinise les peuples (Zola, Corresp., 1902, p. 473). Ses parents [d'Alfred] l'avaient déjà si bien crétinisé (Aymé, Quatre vérités, 1954, p. 69).
— Emploi pronom.[Le suj. désigne une pers. ou un groupe de pers.] Devenir crétin, stupide :
On rencontrait dans le Bureau Baudoyer des employés à front chauve, frileux (...). À l'aspect de ces étranges physionomies, il est difficile de décider si ces mammifères à plumes se crétinisent à ce métier, ou s'ils ne font pas ce métier parce qu'ils sont un peu crétins de naissance. (Balzac, Les Employés, 1837, p. 119)
Remarque : On rencontre ds la docum. la forme passive crétinisé, vx, au sens de « stupéfait d'admiration ». C'est la plus belle créature de notre temps. — J'en suis crétinisé! (Vie parisienne, 1882 ds Fustier, Suppl. Dict. Delvau, 1883, p. 511).
B. —[Le suj. désigne un inanimé concr. ou abstr.] Le poële endort, il hébète et contribue singulièrement à crétiniser les portiers et les employés [des bureaux] (Balzac, Melmoth, 1835, p. 323). Aragon traite la littérature de machine à crétiniser (Paulhan, Fleurs Tarbes, 1941, p. 17).
Prononciation
[kʀetinize].
Étymologie et histoire
1835 (Balzac, La Fille aux yeux d'or, p. 328). Dér. de crétin*; suff. -iser*, -isé.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 4.
Dérivés

Crétinisation

substantif féminin
fam. Action de rendre crétin, fait de devenir crétin (cf. crétin B). Le catholicisme est une crétinisation de l'individu; toute éducation par les jésuites ou les frères de l'école chrétienne arrête et comprime toute vertu « summative », tandis que le protestantisme la développe (Goncourt, Journal, 1870, p. 593). Crétinisation ne figure que ds qq. dict. mod. (cf. Lar. encyclop., Lar. Lang. fr.). — [kʀetinizasjɔ̃]. — 1re attest. 1870 (Goncourt. loc. cit.); de crétiniser, suff. -(a)tion*. — Fréq. abs. littér. : 3.