CROYABLE
adjectifA. —[En parlant de pers.] Qui est digne, qui mérite d'être cru :
1. Des gens fort prud'hommes et des personnes absolument croyables affirmaient avoir vu, près de ces pierres, Gilliatt causer avec un crapaud. (, Les Travailleurs de la mer, 1866, p. 68)
B. —[En parlant de choses] Qui mérite d'être cru, d'être considéré comme vrai; qui peut être considéré comme vrai :
2. Mon histoire produisit peu d'effet : elle n'était vraie et croyable que dans la bouche du bandit italien; racontée par moi, c'était un conte sans vraisemblance. (, L'Âne mort et la femme guillotinée, 1829, p. 114)
Prononciation et orthographe
[kʀwajabI̥]. [ɑ] post. pour la 1re syll. ds Passy 1914 et Warn. 1968, pour ce dernier [a] ant. étant une autre possibilité. Cf. croire dans lequel [ɑ] post. se maintient davantage étant donné qu'il se trouve sous l'accent. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1. 1re moitié xiie s. creable « qui a la foi, qui croit quelque chose, crédule » (Psautier Cambridge, éd. Fr. Michel, CIV, 28) — ca 1320, Ovide moralisé, éd. C. de Boer, 9, 449;
2.
a) 1re moitié xiie s. credable « qui peut, qui doit être cru (d'une chose) » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XCII, 7); ca 1370 croyable (N. Oresme, Ethiques, 296 ds Littré);
b) ca 1175 creable « id. (d'une pers.) » (Renart, éd. M. Roques, 6356). Dér. de croire (a. fr. creire); suff. -able*.
2.
a) 1re moitié xiie s. credable « qui peut, qui doit être cru (d'une chose) » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XCII, 7); ca 1370 croyable (N. Oresme, Ethiques, 296 ds Littré);
b) ca 1175 creable « id. (d'une pers.) » (Renart, éd. M. Roques, 6356). Dér. de croire (a. fr. creire); suff. -able*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 209. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 204, b) 166; xxe s. : a) 254, b) 472.
Bibliographie
Sauvageot (A.). Latinisation et écon. In : [Mél. Michéa (R.)]. Ét. Ling. appl. 1971, n° 2, p. 122.