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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CRIAILLER

verbe intransitif
Pousser des petits cris fréquents, désagréables, généralement pour des raisons de peu d'importance.
A. —[Le suj. désigne des pers.] :
... Madame tremblait devant lui, parce qu'il était toujours à criailler, à faire l'homme terrible. Il nous embêtait tous d'une jolie manière... (Zola, La Conquête de Plassans, 1874, p. 1087)
— En partic. Se plaindre, gémir. Les enfants mal nourris qui (...) criaillaient la faim (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 178).
B. —[Le suj. désigne des oiseaux] Les hirondelles criaillaient éperdument (Montherlant, Pitié femmes, 1936, p. 1212).
Remarque : Selon Rob., Lar. encyclop.-Lar. Lang. fr., criailler signifie crier quand il s'agit du faisan, de l'oie, du paon, de la perdrix, du perroquet, de la pintade.
C. —P. anal.[Le suj. désigne une chose] Émettre un bruit aigu, désagréable. Le bruit des plumes criaillant sur le papier (J. de Maistre, Corresp., 1808-10, p. 466).
Remarque : On rencontre ds la docum. criaillant, ante, part. prés. et adj. a) Part. prés. de criailler. b) Adj. [En parlant d'animés] Qui criaille. La Halle aux vêtements, si criaillante et tumultueuse le matin (Arnoux, Paris, 1939, p. 51). Attesté aussi ds Lar. Lang. fr.
Prononciation et orthographe
[kʀi(j)ɑje], (je) criaille [kʀi(j)ɑ:j]. Cf. criaillant. Admis ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1555 (Ronsard, Hymnes ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. VIII, p. 274, vers 347). Dér. du rad. de crier*; suff. -ailler*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 13.
Dérivés

Criailleur, euse

adjectif et substantif
(Celui, celle) qui criaille; (personne) qui manifeste son avis de façon bruyante, tapageuse, sur des sujets de peu d'importance. La ligne littéraire de Théocrite, comme nous disions aujourd'hui, est nettement dessinée; il vient à la suite des maîtres et n'a d'ambition que de se voir accueilli par eux; il se sépare des criailleurs de son temps, c'est le mot qu'il emploie (Sainte-Beuve, Portr. littér., t. 3, 1844-64, p. 21). Un peuple de chauves-souris criailleuses (Gide, Retour Tchad, 1928, p. 890). — [kʀi(j)ɑjœ:ʀ], fém. [-ø:z]. Admis ds Ac. 1694-1932. — 1re attest. 1564 (Thierry); du rad. de criailler, suff. -eur2 *, -euse*. — Fréq. abs. littér. : 3.
Bibliographie
Goug. Lang. pop. 1929, p. 32; p. 140 (s.v. criailleur).