Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CRAVACHER

verbe transitif
A. — Frapper à coup de cravache. Cravacher un cheval; cravacher qqn. À toute volée, de toutes ses forces, elle lui cravacha la figure, d'une oreille à l'autre (Zola, E. Rougon, 1876, p. 119). Ils crurent d'abord le cheval emporté; mais ils virent qu'elle [Julia] lui cravachait les flancs pour hâter encore son allure (Feuillet, J. de Trécœur, 1872, p. 205) :
Il n'a pas signalé [le commissaire Becker] (...) que, lorsqu'il a voulu s'opposer au massacre des indigènes, il a été cravaché par un lieutenant de spahis. (P. Vidal-Naquet, Les Crimes de l'Armée Française , Paris Maspéro, 1975, p. 98)
— P. métaph.[P. allus. aux zébrures faites par les coups de cravache] Le tonnerre ne cessait de retentir et la foudre de cravacher le crépuscule (Giono, Bonheur fou, 1957, p. 247).
B. —Fig., emploi abs., fam. Faire un maximum d'effort, physique ou intellectuel, pour arriver à un résultat souhaité. Cravacher dur. Il a fallu qu'on cravache [= pédale] dur pour le remettre à la raison (La Pédale, 21 sept. 1927, p. 9 col. 3). Michel, qui avait dû cravacher dur au dernier moment [serait] ingénieur des P.T.T. (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 203).
Remarque : On rencontre ds la docum. un emploi pronom. de même sens. Il [Arthur] se cravachait avec cette absence de mesure qu'il mettait en tout et que ses patrons attribuèrent à la bonne volonté (H. Bazin, Tête contre murs, 1949, p. 236).
Prononciation et orthographe
[kʀavaʃe], (je) cravache [kʀavaʃ]. Ds Ac. 1932.
Étymologie et histoire
1834 trans. (Sand, Jacques, p. 279); 1927 intrans. (Homme dans la roue ds Pédale, 21 sept., p. 9). Dér. de cravache*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 31.