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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

COURTISANESQUE

adjectif
[P. réf. aux mœurs de la cour et à ses artifices mondains] Relatif aux courtisans ou qui a/rappelle les manières d'un courtisan. Nation courtisanesque de 1670 (Stendhal, Racine et Shakspeare, t. 2, 1825, p. 245). Ceux du Globe qui parlaient avec peu de révérence de la langue courtisanesque de Louis XIV, qui traitaient cavalièrement le grand style de Bossuet (Sainte-Beuve, Portr. contemp., t. 2, 1846-69, p. 389).
— P. ext., péj.[Avec une idée de servilité et de basse adulation] Qui cherche à plaire, généralement au moyen de la flatterie :
De ma vie, je n'ai rencontré une âme si courtisanesque : le malheureux tomberait en agonie, que pour être agréable à la maîtresse du lieu, à la domesticité, pour s'affirmer jusqu'au bout dans son rôle de bouffon officieux, il « guignoliserait ». (E. et J. de Goncourt, Journal, 1871, p. 841)
Remarque : On rencontre ds Lar. 19e -20e, Guérin 1892 l'adv. courtisanesquement. D'une façon courtisanesque.
Prononciation et orthographe
[kuʀtizanεsk]. Ds Ac. 1932.
Étymologie et histoire
1. 1578 « propre aux courtisans » (H. Estienne, Deux dialogues du nouveau langage françois italianizé, I, 3-4 ds Hug. : langage courtisanesque); id. « flatteur, servile à la manière des courtisans » (Id., ibid., I, 339, ibid.);
2. 1838 « propre aux courtisanes » (Barb. d'Aurev., 1er Memor., p. 218). Empr. à l'ital. cortigianesco, attesté au sens 1 dep. av. 1566 (Caro ds Batt.), au sens 2 dep. 1536 (L'Arétin, ibid.), dér. de cortigiano (courtisan*), cortigiana (courtisane*), suff. -esco (-esque* ; cf. barbaresque, burlesque, carnavalesque, etc.).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 17.
Bibliographie
Wind 1928, p. 137, 198.