Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CORRUPTIBLE

adjectif
Capable de se corrompre.
A. —[Qualifie un corps, une substance] Susceptible de pourrir, de se décomposer, de se putréfier (cf. corrompre I). Chair, dépouille, matière corruptible. Synon. putrescible. Pour être corruptible, la chair des femmes et des fleurs n'en charme pas moins les sens (A. France, Révolte anges, 1914, p. 361).
B. —Au fig.
1. Susceptible d'être changé en mal (cf. corrompre II A). Apparence, jugement, raisonnement corruptible; un monde corruptible :
... enfin la matière même des ouvrages de l'esprit, matière non proprement corruptible, matière singulière et faite des relations les plus immatérielles qui se puissent concevoir. (Valéry, Variété II, 1929, p. 51)
2.Au plan moral (cf. corrompre II B 1). Capable de se laisser corrompre, débaucher, pervertir. Âme, cœur, nature corruptible. Je n'ai point possédé de femme corruptible (Claudel, Annonce, 1912, p. 16).
— En partic. Capable de se laisser acheter, soudoyer. Un homme faible et corruptible; un individu corruptible. Synon. vénal. Si le détenteur des lettres est pauvre, il est corruptible (Balzac, Splend. et mis., 1847, p. 598). Parfaitement corrompus, ils restent corruptibles (comme tout le monde) (Giono, Voy. Italie, 1953, p. 137).
Prononciation et orthographe
[kɔ (r)ryptibI̥]. Ds Ac. depuis 1694. Pour [ʀ] ou [rr], cf. corrupteur.
Étymologie et histoire
1267-68 choses corruptibles (Brunet-Latin, Trésor, éd. Fr. J. Carmody, livre 2, chap. 38, p. 305); 1694 homme corruptible (Ac.). Empr. au lat. chrét. et b. lat. corruptibilis « qui peut être corrompu (en parlant de choses ou de personnes) ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 46.
Dérivés

Corruptibilité

substantif féminin
État, caractère de ce qui est corruptible.
a) Caractère de ce qui est putrescible. La corruptibilité est la loi commune des créatures (Ozanam, Philos. Dante, 1838, p. 132).
b)Sur le plan moral. Vénalité de la personne qui se laisse corrompre. La corruptibilité des gondoliers nous fut (...) de quelque secours (Milosz, Amour. init., 1910, p. 235).
— [kɔ (r)ryptibilite]. Pour [ʀ] ou [rr], cf. corrupteur. — 1re attest. 1492 (P. Ferget, Nouv. test., Maz. incun. 11485, f° 165 v° ds Gdf. Compl.); empr. au lat. chrét. corruptibilitas de même sens. — Fréq. abs. littér. : 4.