CONSTRUCTIF, IVE,
adjectif1. Pas de métaphysique de l'être pur sans la révélation biblique, mais, aussi, sans la philosophie grecque, pas de métaphysique issue de cette révélation. S'il en est ainsi, dire que l'esprit de la philosophie médiévale, dans ce qu'elle eut de constructif et de créateur, n'est que l'esprit même de la philosophie chrétienne, c'est simultanément affirmer que le moyen âge fut une époque de progrès philosophique et que ce progrès reposait sur la continuité d'une tradition. (, L'Esprit de la philos. médiév., t. 1, 1931, p. 214)
— Spéc. Définitions constructives ou synthétiques, p. oppos. à définitions descriptives ou analytiques :
2. Un des meilleurs moyens pour raisonner sur des éléments abstraits consiste à employer, non pas des définitions constructives mais des définitions descriptives. (, 1948, p. 125)
Syntagmes : Dialogue constructif (Traité de sociol., 1967, p. 80); effet constructif (Teilhard de Chardin, Le Phénomène humain, 1955, p. 130); effort constructif (L'Univers écon. et soc., 1960, p. 5209); intelligence constructive p. oppos. à esprit critique (E. Faure, L'Esprit des formes, 1927, p. 27); travail constructif (L'Univers écon. et soc., 1960, p. 2403); vues constructives (R. Villemer, L'Organ. industr., 1947, p. 18).
Prononciation
[kɔ̃stʀyktif], fém. [-i:v].
Étymologie et histoire
xve s. [ms.] (Gloss. lat.-fr., Richel. Cat 7679 ds Gdf.), seulement au xve s., gloses; puis 1863 (Littré). Empr. au b. lat. constructivus « propre à construire ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 61.
Dérivés
1.B.-A. Mouvement artistique se préoccupant de l'esthétique de l'assemblement des plans et des lignes. Constructivisme sec et dogmatique (Arts et litt. dans la société contemp., 1936, p. 6407). — [kɔ̃stʀyktivism̥]. — 1res attest. vers 1925 d'apr. Rob. Suppl. ; 1933 (A. Levinson, Les Visages de la danse, p. 112); du rad. de constructif, suff. -isme*; sur ce mouvement artistique d'abord apparu en Russie v. aussi M. Gieure, La peinture moderne, Paris, P.U.F., 1958, n° 28. — Fréq. abs. littér. : 1.
Constructivisme
substantif masculin2. Faculté qui, selon les phrénologues, pousse l'homme et, p. ext., les animaux, à construire, à bâtir. Il [Isidore] ne savait pas que le vieux comte, ayant l'instinct et le goût de ce que les phrénologues appellent aujourd'hui « constructivité », s'entendait beaucoup mieux que lui à juger les travaux de l'atelier (, Le Compagnon du Tour de France, 1840, p. 172). Au fig. Constructivité systématique de Weierstrass (Les Gds courants de la pensée mathématique, 1948, p. 449). — Seule transcr. ds Littré : kon-stru-kti-vi-té. — 1re attest. 1840 (G. Sand, loc. cit.); de constructif, suff. -ité*.
Constructivité
substantif fémininBibliographie
Dub. Dér. 1962, p. 36 (s.v. constructivisme). — Quem. 2e s. t. 3 1972 (s.v. constructiviste).