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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CONGÉNITAL, ALE, AUX,

adjectif
A. —MÉD., BIOL. Se dit d'une particularité physique ou psychique dont l'origine est antérieure à la naissance et qui persiste ou se développe pendant la vie. Trouble congénital; affection, anomalie congénitale. Synon. inné :
1. D'innombrables et passionnants travaux sont (...) consacrés aux problèmes posés par l'étiologie des malformations congénitales (...) et à ceux posés par leur pathogénie. (B. Duhamel, Morphogénèse pathol. :, « des monstruosités aux malformations » Paris Masson, 1966, pp. 1-2)
2. Je fus donc emmailloté très serré surtout pour le bas du corps afin de me fortifier les jambes et les reins. On redoutait la boiterie, mal réputé congénital au Pays Bigouden. (P.-J. Hélias, Le Cheval d'orgueil, Paris Plon, 1975, p. 48)
Syntagmes : Bec-de-lièvre, ictère, myxœdème congénital; cécité, coxalgie, hernie, lésion, syphilis congénitale; symptômes congénitaux.
— P. métaph.[Avec un subst. en emploi métaph.] La vie est une hallucination congénitale (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 354).
Remarque : En biologie congénital tend à ne plus inclure le sens de « héréditaire » (cf. Piéron 1973).
B. —P. ext., cour., souvent péj.[En parlant d'un trait du psychisme, d'un type de caractère] Optimisme congénital; bêtise, imbécillité congénitale :
3. Il [Swann] ne peut approfondir cette idée, car un accès d'une paresse d'esprit, qui était chez lui congénitale, intermittente et providentielle, vint à ce moment éteindre toute lumière dans son intelligence... (Proust, Du côté de chez Swann, 1913, p. 268)
Remarque : Congénital/inné. Congénital a été parfois condamné comme inutile, parce que faisant double emploi avec inné (cf. Lal. 1968); s'en distingue en réalité par son emploi péjoratif.
Prononciation et orthographe
[kɔ̃ʒenital], plur. [-to]. Ds Ac. depuis 1835.
Étymologie et histoire
[1784 d'apr. Bl.-W.3-5]; 1820 (Laveaux, s.v. congenial). Dér. du rad. du lat. impérial congenitus « né avec »; suff. -al*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 65.
Dérivés
1.

Congénitalement

adverbe
D'une manière congénitale; de naissance. Maladie apportée congénitalement. On les tient pour congénitalement fourbes et hypocrites (Gracq, Le Rivage des Syrtes, 1951, p. 347). Chaque homme porte en soi, congénitalement, la rébellion (Perroux, L'Écon. du XX e s., 1964, p. 348). — [kɔ̃ʒenitalmɑ̃]. — 1re attest. 1925 (Claude, Baudoin ds Nouv. Traité Méd., fasc. 8, p. 449); de congénital, suff. -ment2 *. — Fréq. abs. littér. : 5.
2.

Congénitalité

substantif féminin
rare. Caractère de ce qui est congénital. Le fait d'être congénital. La congénitalité d'une maladie. La plupart des dégénérescences (...) sont imputables à ce gorille, d'une agilité (...), d'une congénitalité, si l'on peut dire, encore mystérieuse (L. Daudet, Devant la douleur, 1931, p. 69). — 1re attest. 1931 id. ; de congénital, suff. -ité*.
Bibliographie
Dub. Dér. 1962, p. 56 (s.v. congénitalement).