COMPÈRE-LORIOT
substantif masculinA. —ZOOL. Loriot. Compère loriot! Qui mange les cesses et qui laisse le noyau! (, La Jeune fille Violaine, 1re version, 1892, I p. 509).
B. —Pop. Compère-loriot ou compère. Petit furoncle qui se forme sur le bord de la paupière. Synon. orgelet :
Des indices révélaient une misère physiologique affreuse : compères, clous et boutons. (, Invasion 14, 1935, p. 113)
Prononciation et orthographe
[kɔ̃pεʀlɔʀjo]. Ds Ac. 1932.
Étymologie et histoire
I. 1564 Compere loriot (Thierry, s.v. lorion : aucuns dient qu'il est ainsi nommé, à cause que criant à haulte voix, semble prononcer Compere loriot); 1775 compère Loriot (Gueneau de Montbeillard ds Buffon, Hist. nat. des oiseaux, t. 3, p. 254).
II. 1838 « orgelet » (Ac. Compl. 1842). I étymol. obscure. L'hyp. de Gilliéron (reprise par EWFS2 ) selon laquelle compère-loriot, terme d'orig. pic., serait issu de *merle-oriol, merle loriot (loriot) devenu *mère loriot p. étymol. pop. puis, en raison du genre masc. de loriot, *père loriot, enfin compère-loriot, manque de vraisemblance en raison de la succession des formes hypothétiques qu'elle postule. Selon l'hyp. de Falk (v. bbg.), reprise par Bl.-W.5 , compère-loriot, terme véhiculé du Midi méditerranéen dans le Nord par la vallée du Rhône, résulterait de l'allongement au moyen de compère* d'une forme lyonnaise pirgloryœ, pirloryo (Falk, p. 25), interprétée *père loriot et remontant à deux mots gr. massaliotes : πυρρός « rouge, couleur de feu » et χλωρίων « loriot ». Colón ds Z. rom. Philol., t. 80, 1964, p. 274 écarte l'hyp. d'une orig. hellénique pour ce terme d'ornith. gallo-roman et tout en admettant avec Falk la relation entre compère et les formes fr.-prov. pir- et per-, rejette l'explication de ces dernières par le gr. πυρρός pour des raisons phonét. et sém. et conteste l'explication de l'élément -loriot par χλωρίων, le dérivant du lat. aureolus (loriot*). II. Le développement de sens à partir de I a prob. eu lieu dans le nord de la France par parallélisme avec loriot, qui possède également ces deux sens en rouchi (Hécart), et qui résulte de l'évolution convergente du lat. aureolus (v. loriot) et hordeolus (v. orgelet), avec agglutination de l'art.; cf. leurs dér. respectifs oriol, orieul et orgeol, orgeul en a. fr. et m. fr. et la forme leurieul « orgelet » (ca 1465, Evangile des Quenouilles, p. 46, Bibl. elz. ds Gdf.), cf. aussi lat. médiév. auriola glosé stigu en ags. (angl. sty « orgelet ») au ixe s. ds CGL t. 5, p. 340, 13.
II. 1838 « orgelet » (Ac. Compl. 1842). I étymol. obscure. L'hyp. de Gilliéron (reprise par EWFS2 ) selon laquelle compère-loriot, terme d'orig. pic., serait issu de *merle-oriol, merle loriot (loriot) devenu *mère loriot p. étymol. pop. puis, en raison du genre masc. de loriot, *père loriot, enfin compère-loriot, manque de vraisemblance en raison de la succession des formes hypothétiques qu'elle postule. Selon l'hyp. de Falk (v. bbg.), reprise par Bl.-W.5 , compère-loriot, terme véhiculé du Midi méditerranéen dans le Nord par la vallée du Rhône, résulterait de l'allongement au moyen de compère* d'une forme lyonnaise pirgloryœ, pirloryo (Falk, p. 25), interprétée *père loriot et remontant à deux mots gr. massaliotes : πυρρός « rouge, couleur de feu » et χλωρίων « loriot ». Colón ds Z. rom. Philol., t. 80, 1964, p. 274 écarte l'hyp. d'une orig. hellénique pour ce terme d'ornith. gallo-roman et tout en admettant avec Falk la relation entre compère et les formes fr.-prov. pir- et per-, rejette l'explication de ces dernières par le gr. πυρρός pour des raisons phonét. et sém. et conteste l'explication de l'élément -loriot par χλωρίων, le dérivant du lat. aureolus (loriot*). II. Le développement de sens à partir de I a prob. eu lieu dans le nord de la France par parallélisme avec loriot, qui possède également ces deux sens en rouchi (Hécart), et qui résulte de l'évolution convergente du lat. aureolus (v. loriot) et hordeolus (v. orgelet), avec agglutination de l'art.; cf. leurs dér. respectifs oriol, orieul et orgeol, orgeul en a. fr. et m. fr. et la forme leurieul « orgelet » (ca 1465, Evangile des Quenouilles, p. 46, Bibl. elz. ds Gdf.), cf. aussi lat. médiév. auriola glosé stigu en ags. (angl. sty « orgelet ») au ixe s. ds CGL t. 5, p. 340, 13.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 5.
Bibliographie
Colón (G.). El Griego masaliota y los ornitónimos ... Z. rom. Philol. 1964, t. 80, pp. 269-282, 288-290. — Falk (P.). L'Appellation compère du français compère-loriot et l'all. Pirol ont-ils la même orig. gr.? Uppsala, 1963, pp. 17-48; Encore une fois compère-loriot et all. Pirol. Z. rom. Philol. 1964, t. 80, pp. 283-287. — Labbé (J. M.). Du Merle à l'orgelet. Vie Lang. 1952, pp. 42-43.