COLORIER
verbe transitif1. Ignorant en peinture, il savait copier un paysage, crayonner un profil, croquer un costume et le colorier. (, Les Illusions perdues, 1843, p. 49)
2. ... je passai beaucoup de mes heures de récréation dans sa chambre, à peindre les images du voyage en Polynésie qu'il m'avait donné. Avec un soin extrême, je coloriai d'abord les branches de fleurs, les groupes d'oiseaux. (, Le Roman d'un enfant, 1890, p. 110)
— Péj.[P. oppos. à peindre] :
3. Je dis exprès [à propos des toiles académiques] : colorier, car avec cette méthode [de l'École], il est impossible de peindre. Peindre, c'est penser en couleurs. (, De Watteau à Whistler, 1905, p. 71)
— Pronom. passif :
4. Nous parlons photographie et de la façon demoiselle, dont se colorient les figures dans la chambre noire, du contraste complet avec la manière de sentir et de reproduire des peintres. (, Journal, 1859, p. 633)
— Absol. Employer des couleurs. Il faut dire aussi qu'il n'est pas nécessaire de colorier beaucoup pour faire œuvre de grand coloriste (, Les Maîtres d'autrefois, 1876, p. 318)
Remarque : On rencontre ds la docum. colorieur, adj. et subst. masc. a) Adj. Rouleau colorieur. Qui applique les couleurs sur une étoffe. Attesté ds Littré, Lar. 19e Suppl. 1878-Lar. Lang. fr., Guérin 1892, Quillet 1965. b) Subst. masc. Synon. coloriste*. Que sont colorieurs et dessinateurs, Ingres et Delacroix, auprès de ce créateur intarissable (Gavarni) (E. et J. de Goncourt, Journal, 1857, p. 406).
Prononciation et orthographe
[kɔlɔʀje], (je) colorie [kɔlɔʀi]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
Av. 1668 (Du Fresnoy, Sentimens ... sur les ouvrages des principaux et meilleurs Peintres..., à la suite de l'éd. de 1668 de la trad. de l'Art de la Peinture, Paris, Nicolas l'Anglois, p. 162). Dér. de coloris*; dés. -er.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 29.