COLOPHANE
substantif fémininSynon. de arcanson*. D'un brun de colophane virant au noir de poix (, Cours de minér., 1899, p. 484). L'archet dont il frotta les soies de colophane (, M. des Lourdines, 1911, p. 64).
Remarque : On rencontre ds la docum. a) Colophaner, verbe trans. Colophaner le crin d'un archet, une composition typographique. Les enduire de colophane (cf. A.-M. Villon, Dessinateur et imprimeur lithographe, 1932, p. 329, 685). b) Le part. passé adj. colophané. Des mains colophanées (Colette, La Vagabonde, 1910, p. 83).
Prononciation et orthographe
[kɔlɔfan]. Ds Ac. 1718-1932. Fér. Crit. t. 1 1787 propose aussi la graph. colofane. La var. colophone (cf. J.-B. Kapeler, J.-B. Caventou, Manuel des pharmaciens et des droguistes, t. 1, 1821, p. 212) est en vedette à côté de colophane ds Besch. 1845. Elle est mentionnée à titre hist. ds Fér. Crit. t. 1 1787, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill., qui la jugent plus rég., et ds DG : « Les dict. du xviie s. et du xviiie s. donnent colophone, tout en faisant remarquer qu'on prononce colophane. Cette altération du son de l'o est inexpliquée ».
Étymologie et histoire
xiiie s.-xive s. colofonia, colaphonie, colofonie (Antidotaire Nicolas, éd. P. Dorveaux, § 34, 35 et 36, pp. 17-18); 1579 colophone [et non colophane comme l'indique l'éd. Malgaigne] (A. Paré, De la composition des médicaments, éd. 1585 et 1598, chap. 26 et 27); 1580 colofaigne (B. Palissy, Discours admirables, éd. 1844, p. 208 ds Hug.); 1704 colophane (Trév.). Empr. au lat. (resina) colophonia « (résine) de Colophon » attesté dep. l'époque impériale et empr. au gr. Κολοφωνία dér. du nom de la ville d'Asie Mineure Colophon (Κολοφών). Le changement de la finale, difficile à expliquer, est peut-être dû à une influence de diaphane* à cause de l'aspect de cette résine (FEW t. 2, p. 921b); cf. aussi élément suff. -phane.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 7.
Bibliographie
Goug. Lang. pop. 1929, p. 11.