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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

COLBACK, COLBAQUE,

substantif masculin
Bonnet à poil en forme de cône tronqué renversé, fermé par une poche tombante conique en drap, porté par différents corps cavaliers des premier et second Empires. Colback noir, colback tigré. Colback à flamme et à torsades (Hugo, Choses vues, 1885, p. 27). Tambour-major à colback et à panache (Coppée, Mon franc-parler I, 1894, p. 21) :
Un vieillard, laid comme un singe (...) les cheveux crépus et si touffus qu'on aurait cru de loin qu'il avait un colback sur la tête... (Mérimée, Dernières nouvelles, 1870, p. 67)
— Arg. Cou, col, collet. Relever le colbaque (Lacassagne, Argot du Milieu, 1928, p. 56), saisir au colbaque (Nouguier, Notes, 1900, p. 73), sauter sur le colbaque (Marcus, Fables, 1947, I 4). Agripper au colback (P. Vialar, La Mort est un commencement, Les Morts vivants, 1947, p. 266).
• P. ext. Gorge. On veut se coller de la nourriture dans le colback comme si la fin du monde était pour demain (Giono, Bonheur fou, 1957, p. 232).
Prononciation et orthographe
[kɔlbak]. Seule transcr. de kalpack ds DG : kàl-pàk'. Tous les dict., et notamment Ac. 1835-1932, enregistrent colback. Var. colbach ds Besch. 1845, Lar. 19e et Quillet 1965; colbak ds Lar. 19e ; forme colbaque, supra ; kalbak ds Besch. 1845 et Quillet 1965; kalpack ds DG, Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop.
Étymologie et histoire
A. 1653 kalepak « bonnet à poil » (Les Voyages et Observations du sieur de La Boullaye-Le-Gouz, p. 393 [en Grèce]).
B. [1799 d'apr. Dauzat 1973 : « bonnet à poil des chasseurs à cheval de la garde consulaire »] 1819 colback « bonnet à poil de la cavalerie légère » (Boiste).
C. 1899 arg. colback « cou » (Nouguier, Notes manuscrites interfoliées au Dict. de Delesalle, p. 73). A empr. au turc qalpaq « bonnet à poil » (FEW t. 19, p. 83). B empr. à l'ar. d'Égypte qalbaq « id. » lui-même empr. au turc. C issu de B par attraction de col, cou.
Statistiques
Fréq. abs. littér. Colback : 14.
Bibliographie
Boulan 1934, p. 184.