CHYLE
substantif masculinQuoi qu'il en soit, l'extraction du chyle paraît être le véritable but de la digestion, et aussitôt qu'il est mêlé à la circulation, l'individu en est averti par une augmentation de force vitale et par une conviction intime que ses pertes sont réparées. (, Physiol. du goût, 1825, p. 191)
— Souvent pop. Faire du chyle, se refaire le chyle. Manger, faire un bon repas. Votre femme (...) aura une grâce infinie à ne pas déshonorer son estomac délicat et sa bouche divine, en faisant du chyle (, Physiologie du mariage, 1826, p. 124).
Remarque : On rencontre ds la docum. et les dict. plusieurs mots appartenant à la même famille a) Chylification, subst. fém. Ensemble des opérations par lesquelles le chyle est élaboré ou absorbé dans l'intestin grêle [synon. vx chylose (emprunt au gr. χύλωσις)], chylopoèse (cf. chylo-). Attesté ds Ac. 1932, Rob., Lar. encyclop., Quillet 1965. b) Chylifier, verbe intrans. « Se transformer en chyle » (Quillet 1965 et ds Ac. Compl. 1842, Lar. 19e -20e). c) Chylifiant, ante, part. prés. et adj. « Qui a la propriété de chylifier » (Besch. Suppl. 1845). Influence chylifiante (ibid.). d) Chylurie, subst. fém. « Présence de chyle dans l'urine » (Méd. Biol. t. 1 1970). La confusion a pu être faite avec la chylurie symptomatique de parasites des voies urinaires et du sang (Le Gendre ds Nouv. Traité Méd., fasc. 7, 1920-24, p. 310).
Prononciation et orthographe
[ʃil]; [iˑ] mi-long ds Passy 1914. Pour l'initiale [ʃ] cf. chimère. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
Ca 1370 (Guy de Chauliac, La Grande chirurgie ds Sigurs, p. 55). Empr. au lat. médiév. méd. chylus « suc nourrissant le corps » (1256-60 Albert le Grand ds Mittellat. W. s.v.) (cf. 1306 H. de Mondeville, texte lat. de la Chirurgie ds l'éd. fr. de Ch. Bos, I, p. 101, 363 qui traduit chili succositate, par la succosité du chilus) empr. au gr. méd. χυλός, Galien ds Liddell-Scott ; dès le ive s., lat. chylos « suc des plantes », Pelagonius ds TLL s.v.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 75.