CHARRÉE
substantif féminin— Battre la charrée :
Il est de tradition au village que les voisines viennent le soir « battre la charrée », frappant de leurs mains larges ouvertes les cendres mouillées afin d'entraîner plus facilement sur le linge la potasse qu'elles contiennent... (, Au village de France, t. 2, 1954, p. 55)
Prononciation et orthographe
[ʃaʀe]. Land. 1834 et Gattel 1841 notent la 1re syll. longue. Gattel recommande la prononc. de « r forte ». Pour le timbre de la 1re syll., cf. charrette. Besch. 1845 souligne : « On devrait écrire charée ; rien ne justifie le double r. » À ce sujet cf. chariot. Attesté ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
Ca 1280 carrée « cendre de lessive » (Clef d'Amors, 1913 ds T.-L.). Dér., de même que l'a. prov. cairada, cayrada (xiiie s.) cité par A. Thomas ds Romania, t. 40, 1911, p. 368, d'un terme simple attesté par le limousin chadro (Dhér.; Mistral, s.v. cendrdo ; v. FEW t. 2, p. 505a), issu du b. lat. cathara (aqua) « (eau) propre, qui purifie » attesté au vie s. dans une trad. d'Oribase (TLL s.v., 611, 75), l'adj. étant empr. au gr. καθαρός « pur, propre, sans tache » (Brüch ds Z. fr. Spr. Lit., t. 50, 1927, p. 311); l'usage des cendres dans l'eau de lavage du linge connu des Grecs et des Romains, ainsi que le mot, ont pu se répandre à partir des colonies grecques du Sud de la Gaule (FEW t. 2, p. 506a).
Bibliographie
Sain. Sources t. 2 1972 [1925], p. 208.