CHANCRE
substantif masculinA. —PATHOL. « Érosion ou ulcération cutanée ou muqueuse qui constitue la porte d'entrée de certaines maladies infectieuses » (Méd. Biol. t. 1 1970) :
1. Devant la porte un enfant immobile, appuyé contre le mur : son visage est rongé d'un chancre. (, Journal, 1914, p. 407)
— P. métaph. :
2. Lorsque le chancre de la spéculation n'en était qu'à la période d'incubation, faisait de lui un terrible joueur, ... (, La Curée, 1872, p. 387)
3. Le poëte Ponge. Pauvre homme déjà ravagé par le chancre littéraire, il a l'air d'une expérience d'inoculation. (, Journal, 1910, p. 738)
— En partic. Chancre mou ou, peu usité, chancre simple. Maladie vénérienne caractérisée par une ulcération profonde remplie de pus, siégeant habituellement sur le fourreau de la verge chez l'homme et aux grandes lèvres ou à la fourchette chez la femme (d'apr. Méd. Biol. t. 1 1970). Synon. chancroïde.
— Expr. Manger comme un chancre. « Manger excessivement » (Ac. 1835-78).
B. —P. anal.,SYLVIC. Affection cryptogamique ou bactérienne qui ronge l'écorce et le bois de certains arbres.
Prononciation et orthographe
[ʃɑ̃kʀ̥]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1. 2e moitié xiie s. cancre « ulcère, cancer » (Grégoire, 211, 3 ds T.-L.); 1re moitié xiiie s. chancre (Du Chevalier qui recovra l'amor, éd. Montaiglon-Raynaud, t. 6, p. 144, v. 189); 1566 « ulcère vénérien » (H. Estienne, Apol. pour Her., ch. 14 [I, 201-202] ds Hug.);
2. 1690 sylvic. (Fur.);
3. début xviiie s. fig. (Saint-Simon, 20, 231 ds Littré). Du lat. cancer, -iri [« crabe », v. cancre] « chancre, cancer » attesté dep. Caton ds TLL s.v., 231, 14 attesté sous la forme cancrus vie s. Oribase, ibid., 228, 32; emploi fig. en lat. chrét., Tertullien ds Blaise.
2. 1690 sylvic. (Fur.);
3. début xviiie s. fig. (Saint-Simon, 20, 231 ds Littré). Du lat. cancer, -iri [« crabe », v. cancre] « chancre, cancer » attesté dep. Caton ds TLL s.v., 231, 14 attesté sous la forme cancrus vie s. Oribase, ibid., 228, 32; emploi fig. en lat. chrét., Tertullien ds Blaise.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 60.
Dérivés
1. — [ʃɑ̃kʀø], fém. [-ø:z]. Ds Ac. 1694-1932. — 1res attest. a) 1314 « cancéreux » (H. de Mondeville, La Chirurgie, éd. Ch. Bos, 2008), 1560 ulceres chancreuses (Paré, V, 19 ds Littré), b) av. 1717 sylvic. cf. supra B (Liger ds Trév. 1732); de chancre, suff. -eux*.
Chancreux, euse
adjectifa)Synon. de chancrelleux*. L'induration chancreuse s'efface en général peu à peu après la cicatrisation (, F. Widal P.-J. Teissier G.-H. Roger Nouv. traité de méd., fasc. 4, 1920-24, p. 617).
b) Qui est atteint d'un chancre. Incinération des bois de taille chancreux (, Arboric. et production fruitière, 1961, p. 102).
2.Synon. de chancre mou.Emploi adj. Chez l'homme, la plaie qui a servi de voie d'introduction au virus présente un aspect ulcéreux, chancroïde (, F. Widal P.-J. Teissier G.-H. Roger Nouv. traité de méd., fasc. 4, 1920-24, p. 342). — Seule transcr. ds Littré : chan-kro-i-d'. — 1re attest. 1868 (Lar. 19e) ; de chancre, suff. -oïde*.
Chancroïde
substantif masculinBibliographie
Dauzat Ling. fr. 1946, p. 152. — Gottsch. Redens. 1930, p. 171. — Lew. 1960, p. 229. — Sain. Sources t. 3, 1972 [1930], p. 228.