CENTURIE
substantif fémininA. —ANTIQUITÉ
1. Unité politique et administrative formée de cent citoyens. L'assemblée du peuple tenue de la sorte s'appelait comices par centuries (, Essai sur la guerre sociale, 1841, p. 209) :
Le pouvoir réel était entre les mains des centuries, c'est-à-dire de l'armée des propriétaires. Les centuries composées d'un nombre inégal de citoyens, participaient au pouvoir politique, en raison de leur richesse, et en raison inverse du nombre de leurs membres. Ainsi, chaque centurie donnant également un suffrage les nombreuses centuries qui se trouvaient composées d'un petit nombre de riches, avaient plus de suffrages que les dernières où l'on avait entassé la multitude des pauvres. (, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 114)
2. « Compagnie de 100 hommes d'armes formant le 6e de la cohorte et le 60e de la légion chez les Romains » (Perraud 1963). Chaque centurie avait son centurion et une enseigne sacrée (, La Cité antique, 1864, p. 372).
Remarque : On rencontre ds la docum. l'adj. centuriate. Réparti, assemblé par centurie. Il importe seulement de remarquer dès à présent que l'œuvre des législateurs (...) fut (...) acceptée par les comices centuriates, c'est-à-dire par l'assemblée où les deux ordres étaient confondus (Fustel de Coulanges, La Cité antique, 1864, p. 392).
B. —LITT. Ouvrage historique divisé par siècles.
— Spéc. Centuries de Magdebourg. Histoire ecclésiastique protestante divisée par siècles. Centuries de Nostradamus. Prédictions rangées par centaines de quatrains ou sixains. Cet astrologue [Nostradamus] n'avait pas de crédit qu'à Salon (...). Ses centuries, plus de dix fois réimprimées, dans le cours d'un siècle (...) amusaient (...) la crédulité populaire (, Vie de Jeanne d'Arc, 1908, p. 469).
• Faire une centurie. Faire un quatrain ou une autre pièce de vers dans le genre de ceux de Nostradamus.
Prononciation et orthographe
[sɑ̃tyʀi]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
[xiie s. « division politique de la Rome antique, cent citoyens » d'apr. FEW t. 2, p. 590 b] 1284 Antiq., art milit. « groupe de cent hommes » (Jean de Meung, Végèce, 50 A.T. d'apr. Delboulle ds R. Hist. litt. fr., t. 6, p. 299 : Une centurie et demie, ce sont C. et L. hommes). Empr. au lat. class. centuria « id. ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 65.
Dérivés