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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CAQUETER

verbe intransitif
A. —[En parlant de la poule, d'oiseaux de basse-cour] Glousser avant ou après la ponte :
1. ... les volailles mettaient un mouvement coloré sur le fumier, devant l'étable, et grattaient, remuaient, caquetaient, tandis que les deux coqs chantaient sans cesse, cherchaient des vers pour leurs poules, qu'ils appelaient d'un gloussement vif. (Maupassant, Contes et nouvelles, t. 1 Le Vieux, 1884, p. 131)
B. —Au fig., fam.[En parlant d'une pers.] Bavarder à tort et à travers :
2. ... nous jeunes, nous vivons dans l'avenir, mais quel avenir! Quoi qu'il en soit, après avoir dûment jasé et caqueté, elle me demanda mon adresse et me pria d'aller la voir quelquefois. (M. de Guérin, Correspondance, 1830, p. 36)
Remarque : On rencontre ds la docum. l'adj. cacotant. Qui caquète. Elle pavanait la cliente, chassait les monceaux de bricoles, gloussante, revient encore sur ses pas... éparpille... toujours picoreuse, cacotante... querelleuse pour le plaisir (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 60).
Prononciation et orthographe
[kakte]. Ds Ac. 1694-1932. Littré note : « l'on conjuguera à volonté : je caquette ou je caquète.  »
Étymologie et histoire
1. [Indirectement attesté par son dér. m. fr. caqueteresse 1320 adj. et subst. fém. « (femme) qui aime à bavarder » (Dit des Patenostres ds Nouv. Recueil Fabliaux, éd. A. Jubinal, t. 1, p. 243 — 1601, Charron ds Hug.)]; ca 1450, caqueter « bavarder d'une façon indiscrète » (Mist. Viel Testament, XXIII, 16845, II, 333 ds IGLF);
2. fin xve s. quaquetter « (en parlant de certains oiseaux) faire entendre un cri particulier » (O. de Saint-Gelays, Eneid., B.N. 861, f° 119 v° ds Gdf. Compl.); spéc. 1690 « (de la poule) glousser au moment de pondre » (Fur.). Dér. du rad. onomatopéique kak- reproduisant le piaillement de certains oiseaux; dés. -er. À rapprocher du b. lat. cacabare (cacaber*).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 48.
Dérivés
1.

Caqueterie

substantif féminin
Action de caqueter ensemble, suite de caquets. D'éternelles caqueteries (Ac. 1835-78); des caqueteries sans fin (Littré). — [kakεtʀi], également [kaktʀi]. Ds Ac. 1762-1878. Land. 1834 écrit caquéterie, Besch. 1845 caquèterie. Lorsque 2 e muets dans des syll. consécutives sont précédés chacun d'une consonne unique et que le 1er n'appartient pas à une syll. initiale, ou bien les 2 tombent (à noter toutefois une transcr. maintenant le 1er e ds Guérin 1892, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e), ou bien le second tombe seul et le 1er est remplacé par [ε] (à noter cependant, dans ce cas, une transcr. avec [e] ds Littré) : bonneterie, briqueterie, caqueterie, grèneterie, etc. (cf. Fouché Prononc. 1959, p. 67). — 1re attest. 1418 quaqueterie (Pièces relat. au règ. de Ch. VI, II, 170 ds Gdf. Compl.), rare; du rad. de caqueter, suff. -erie*.
2.

Caquetoire

substantif féminin
Chaise ou fauteuil à siège bas, à dossier haut, parfois monté sur pivot. — [kaktwa:ʀ]. Ds Ac. 1718-1762. — 1re attest. 1522 « siège où l'on caquette à son aise » (E. Coyecque, Recueil d'actes notariés relatifs à l'hist. de Paris et des environs au XVIe s., 1498-1545, Paris, Impr. nat., 1905) considéré comme anc. dep. Lar. 19e ; du rad. de caqueter « bavarder », suff. -oire (-oir*).
Bibliographie
Delamaire (J.). À l'écoute de la voix des bêtes. Vie Lang. 1971, p. 532. — Janneau (G.). La Caquetoire. Vie Lang. 1973, pp. 581-583 (s.v. caquetoire). — Teppe (J.). Cris d'animaux. Vie Lang. 1961, p. 207 (s.v. caquetter).