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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CAGNA

substantif féminin
Arg. des casernes. Abri de tranchée généralement souterrain :
1. ... percé jusque dans ses manies les plus secrètes par la promiscuité constante du poste et de la cagna, il [le sous-officier] n'est obéi que selon ce qu'il a mérité d'estime... (Ambrière, Les Grandes vacances, 1946, p. 274)
— P. ext., pop. Abri, cabane :
2. ... une famille de récolteurs, timide, vient se figer sur le seuil de sa porte. (...). Ils pénétrèrent dans la cagna cuisante au fond de laquelle tempêtait notre homme au « corocoro ». (Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932, p. 172)
Prononciation
[kaɳa].
Étymologie et histoire
1. 1896 cái-nha « sorte de maison rudimentaire du Tonkin » (Cera, Tonkinoiseries ds G. Esnault, Notes complétant et rectifiant « Le Poilu tel qu'il se parle », 1956); 1915 cagna « id. » (Le Journal, 17 juill. ds Sain. Tranchées : Les cagnas de Tuyen-Quan);
2. 1914 « abri dans les tranchées » (81e t. Artois et XXXXe inf., Lorraine d'apr. Esn. Poilu, p. 123). Empr. à l'annamite cai-nha (composé de cai numéral des choses inanimées et nha « habitation, maison, demeure », cf. Dao Van Tap, Dict. fr.-vietnamien élémentaire, impr. Vinho-Bao, Saïgon, 1951), comme l'indiquent les témoignages cités par Esn. Poilu, loc. cit. et A. Dauzat, L'Arg. de la guerre, 1918, p. 124; l'hyp. d'un empr. au prov. canha, v. cagnard1 (FEW t. 2, p. 185a et p. 188a, note 10) est à considérer comme caduque.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 41.
Bibliographie
Pohl (J.). La Maison ds les fr. marginaux. Vie Lang. 1969, p. 147.