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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CABOCHON

substantif masculin
A. — Sorte de clou à tête décorée utilisé en ameublement, tapisserie, couture, etc. Trois épingles énormes, à têtes et à cabochons gracieusement travaillés (G. Leroux, Rouletabille chez le tsar, 1912, p. 51); un manteau bleu pétrole orne sa ceinture de cabochons d'acier (Le Monde, 16 nov. 1951, p. 9 col. 5).
B. —JOAILL. Pierre précieuse ou semi-précieuse polie mais non taillée, de forme convexe. Cabochons de rubis (P. Borel, Champavert, Dina la belle juive, 1833, p. 133), Cabochons d'émeraude (Adam, L'Enfant d'Austerlitz, 1902, p. 403).
• Cabochon chevé ou crevé. Cabochon évidé par en dessous pour le rendre transparent.
— Emploi en appos. Rubis cabochon. Une émeraude-cabochon d'un vert assez pâle (J. Lorrain, Monsieur de Phocas, 1901, p. 138).
• P. métaph. Mot-cabochon. Mot saillant dans le discours. Elle [la voix de Moréno] dore un mot-cabochon essentiel (Colette, La Jumelle noire, 1938, p. 28).
C. —P. anal.
1.ARCHIT. Motif décoratif incrusté dans une façade. Les cabochons de sa [de la ferme] maçonnerie scintillaient (J. de La Varende, Le Troisième jour, 1947, p. 328).
2.ZOOL. Mollusque gastéropode à coquille univalve dont l'espèce la plus remarquable est le Bonnet de Hongrois (cf. Cuvier, Leçons d'anat. comp., t. 4, 1805, p. 425).
Prononciation
[kabɔʃɔ̃].
Étymologie et histoire
1. 1380 subst. cabouchon « taille à bosse, et suivant des courbes données quelquefois naturellement par la pierre elle-même, à l'état brut » (Inv. de Charles V, n° 2 dans Gay); 1380 adj. balay cabouchon (Op. cit., n° 1, ibid.); 1400 cabochon, adj. (Pièces relat. au règ. de Ch. VI, II, 558 dans Gdf. Compl.);
2. 1732 « sorte de clou » (Trév.). Dér. de caboche*; suff. -on*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 29.