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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BÊCHEVET

substantif masculin
A. —Vieux
1. Double chevet. Lit à bêchevet (avec un chevet à chaque bout) (Nouv. Lar. ill., DG, Lar. 20e).
2. Coucher à bêchevet (Nouv. Lar. ill., DG, Lar. 20e). Coucher tête-bêche, c'est-à-dire la tête de l'un étant du côté des pieds de l'autre.
B. —CHARPENT. Poutres accolées l'une à l'autre par leurs extrémités taillées en biseaux allongés, de manière à former une poutre d'égale épaisseur.
Remarque : Attesté dans Chabat 1881 et Barb.-Cad. 1963.
Prononciation
Seule transcr. dans DG : bèch'vè.
Étymologie et histoire
xive s. adj. bechevés « qui a deux têtes » (Gloss. Abavus éd. M. Roques, t. 1, p. 264) — 1611, Cotgr. ; 1565 bechevet « la tête de l'un aux pieds de l'autre » (R. Belleau, La Bergerie, 2e Journ., Complainte de Promethee — II, 17 — dans Hug. : Il veit dos contre dos bechevet accouplees A l'entour de l'essieu deux Ourses estoilees) — xviie s. dans Gdf. ; 1611 subst. « double chevet » (Cotgr. : Beschevet) — xviie s. dans Gdf. ; répertorié comme « vx » dep. 1897, Nouv. Lar. ill. Béchevet composé du préf. bes- « deux fois », lat. bis et de chevet* « tête de lit »; tête-bêche, 1820 (Observateur des Modes dans Fr. mod., t. 17, p. 304) est une altération par fausse étymol. de bêchevet.
Dérivés

Bêcheveter

verbe transitif
Placer, disposer tête-bêche. Bêcheveter des bouteilles, des plantes, des gerbes de blé (Lar. 19e) ; bêcheveter des feuilles de papier (DG). Reliure. « Empiler des livres pour les maintenir en équilibre, le premier étant placé le dos à gauche et la première page en dessus, le deuxième le dos à droite et la première page en dessous, etc. » (Lar. encyclop.). — [bεʃvəte]. Pour la conjug., fait partie des verbes qui redoublent la consonne devant une syll. muette : je bêchevette. — 1re attest. 1845 (Besch.); dér. de bêchevet, dés. -er. Rem. On rencontre dans la docum. béjoité, ée, adj., synon. région. de bêcheveté (cf. Zola, L'Œuvre, 1886, p. 270) : « Il [le peintre] procédait par des touches successives, béjoitées [« superposées », cf. reliure], jusqu'à ce qu'il fût arrivé à la valeur exacte. » La forme béjoité note la prononc. rurale béjoueté, où intervient en outre la sonorisation de -ch- devant -w- (évolution phonét. : bêcheveté > bêch'veté > béjweté, noté béjoueté, béjoité).