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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BÉQUILLER1

verbe
A. —[P. réf. à bec « bouche »]Arg. ou pop., emploi trans., abs. ou intrans. Manger; p. ext. dissiper, dilapider. Béquiller la paie (D. Poulot, Le Sublime ou le Travailleur comme il est en 1870 et ce qu'il peut être, 1872, p. 313); pressés de courir béquiller leur quinzaine avec des amis (Zola, L'Assommoir, 1877, p. 761) :
... tu crois manger du turbot, parce que c'est écrit sur la carte, comme s'il y avait encore du turbot! Imbécile! c'est du carrelet que tu béquilles... (Huysmans, Marthe, 1876, p. 95)
Remarque : 1. Attesté dans Guérin 1892 et Lar. 19e, Lar. Lang. fr. 2. On rencontre dans Esn. 1966 le dér. béquillance, subst. fém. « Repas au réfectoire » et dans A. Bruant, Dict. fr.-arg., 1901, p. 305, le dér. béquilleur, subst. masc. « Mangeur, gros mangeur. »
B. —[P. réf. à bec « extrémité en forme de pointe »]
1.Emploi trans. « Prendre en flagrant délit, « piquer » » (Esn. 1966).
2.Emploi intrans. « Subir des brimades » (Esn. 1966).
Prononciation
[bekije].
Étymologie et histoire
1602 « attaquer, donner des coups de bec pour manger » (cité dans Esn. : Une charongne qu'il [le corbeau] commença à béquiller et à manger); forme becquiller dep. 1865 (L. L., Goualante de la Courtille dans Rossignol, Dict. d'arg., arg.-fr. et fr.-arg., p. 121); 1870 « dissiper » (D. Poulot, supra). Dér. de bec* étymol. 1; suff. -iller*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 2.