BOUSE
substantif féminin— P. métaph. :
1. J'entends : « Cloc... cloc... cloc » Je me rappelle ce vers de jeunesse de Costals : les baisers des amants sont des bouses qui tombent. La ressemblance ne m'avait jamais frappé. (, Le Démon du bien, 1937, p. 1232)
— Arg. milit. (aviat.).Expr. Atterrir comme une bouse :
2. Atterrir en épatant lourdement l'appareil, esc. S-132, juin 18. — Image prise directement de la bouse qu'une vache flaque à terre, ... (Esn. Poilu, 1919, p. 109)
Prononciation et orthographe
[bu:z]. La majorité des dict. enregistre uniquement bouse. Cependant Ac. 1798 admet bouse ou bouze. Cf. aussi Gattel 1841, Land. 1834 et Fér. Crit. t. 1 1787 qui écrit boûse ou boûze en indiquant que bouse est le plus en usage.
Étymologie et histoire
Début xiiie s. (Reclus de Moiliens, Miserere, CCIV, 12 dans Gdf. Compl.). Orig. inc., peut-être gaul., les corresp. du mot étant relevés dans les domaines fr., prov., piémontais et ligure (REW3, n° 1225; v. aussi Lebel, § 157, 298, 566) mais l'hyp. selon laquelle bouse serait un adj. dér. de boue d'orig. gaul. : *bau -osa, substantivé apr. ell. d'un subst. exprimant la même notion que merde (Dauzat Ling. fr., pp. 225-228 et Fr. mod., t. 11, pp. 31-36) fait difficulté du point de vue de la forme. D'autre part l'hyp. d'un empr. à *bovosa dér. de bos (bœuf*) (De Gregorio dans Romania, t. 51, p. 529) acceptable du point de vue phonét. doit être écartée pour des raisons morphol., le suff. -osus pouvant difficilement former un subst. désignant un produit, à partir d'un nom d'animal (Dauzat dans Fr. mod., t. 11, pp. 31-36).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 73.
Dérivés
Bouseux
substantif masculinBibliographie
Dauzat (A.). Études de linguistique française. Paris, 1946, pp. 225-228. — Dauzat (A.). Racine born., bourn. ; français borgne; boue, bave et bouse. Fr. mod. 1943, t. 11, pp. 31-36. — Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 102; t. 2, 1972 [1925], p. 126. — Schutz (A.H.). Fr. bouse « fiente de vache ». Studies in Philology. Chapel Hill. 1936, t. 33, pp. 10-14.