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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BOBARD

substantif masculin
Très fam.
A. — Propos, conte mensonger ou fantaisiste destiné à tromper un public généralement crédule. Lancer, raconter des bobards. Synon. boniment, racontar :
1. ... même des cuisines d'où viennent normalement les bobards et jacasseries, les hommes de soupe ne rapportaient que du mutisme... (A. Arnoux, Rhône mon fleuve, 1944, p. 20)
B. —[Gén. en temps de guerre ou de trouble pol.] Faux bruit, fausse nouvelle ou opinion erronée que l'on répand soit pour masquer la vérité et encourager à poursuivre une action, soit pour alarmer l'opinion et démoraliser les troupes au combat :
2. Quant à la politique intérieure, le gouvernement procède par des communiqués à la presse, soit officiels, soit officieux. La plupart du temps, nous n'en usons qu'avec circonspection et parcimonie, lesdits communiqués étant farcis de bobards et de mensonges, tendant à représenter les ministres du moment, même ignares et canailles, comme des merveilles de sagesse et de prévision. (L. Daudet, Bréviaire du journ., 1936, p. 24)
3. — La vérité c'est que ta haine de l'U. R. S. S. te porte à la tête, dit Henri. Tu travestis les faits, tu colportes n'importe quels bobards. C'est une sale besogne. À travers l'U. R. S. S. c'est le socialisme en général que tu attaques. (S. de Beauvoir, Les Mandarins, 1954, p. 253)
• Bobard de cuisine (cf. ex. 1). ... j'avais pris cela pour bobard de cuisine, tuyau crevé (Cendrars, La Main coupée, 1946, p. 255).
Remarque : 1. Var. plais. bobard de popote (Romains, Les Hommes de bonne volonté, Verdun, 1938, p. 97). 2. La docum. d'ex. du xxe s. fait une large part à ce 2e sens, au détriment du 1er, très peu illustré, si ce n'est dans des textes le plus souvent argotiques.
Prononciation
[bɔba:ʀ].
Étymologie et histoire
Ca 1900 d'apr. Dauzat, Notes étymol. et lex. dans Fr. mod., t. 8, pp. 13-14); 1912 pop. (cité dans Esn.). Prob. dér. en -ard* du rad. onomatopéique bob- exprimant le mouvement des lèvres, d'où la moue, la bêtise; à rattacher à l'a.fr. boban « vanité » (xiie s. dans T.-L.), bober « tromper » (xiiie s., ibid.), bobert « présomptueux, sot » (xiiie s., ibid.), m.fr. bobeau « mensonge », xvie s. dans Gdf., mots qui ont largement survécu dans les dial. (Dauzat, loc. cit.).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 49.
Dérivés

Bobardier

substantif masculin
néol.,fam. Propagateur de faux bruits. Ministres bobardiers (Pilori, 7 févr. 1941). ... la Société des Nations, qui fait vivre confortablement ses bobardiers (L. Daudet, Le Stupide XIX e s., 1922, p. 9). Attesté dans Quillet 1965, Esn. 1966. — 1re attest. 1922 id. ; dér. de bobard, suff. -ier*.
Bibliographie
Dauzat Ling. fr. 1946, p. 218. — Sain. Lang. par. 1920, p. 535.