BENOÎTON, ONNE,
adjectif« Madame..., très-connue par les audaces benoîtonnes de son langage. » (Yriarte, 1866). (, 1872)
— Emploi subst. « Bourgeois excentriques dans leur langage et dans leur tenue » (France 1907).
Remarque : 1. Attesté, ainsi que le suiv., dans Guérin 1892. 2. Benoîtonner, verbe intrans. a) « Parler comme parlent les membres de la Famille Benoîton » (A. Delvau, Dict. de la lang. verte, 1867, p. 37). b) « Porter une toilette ridicule, c'est à dire : à la Benoîton » (Larch. 1872, p. 46) : « Et le soir, les gandins, sur vos pas s'étouffant, / Croiront tous, à vous voir ainsi benoîtonnée, / Que dans la bicherie une autre biche est née... » / (Vie parisienne dans France 1907). 3. Benoîtonnement, subst. masc. (E. Villars, Les Précieuses du jour, 1866, p. 11) ou benoîtonnerie, subst. fém. « Façon pittoresque de parler ou d'agir » (A. Delvau, Dict. de la langue verte, 1867, p. 37). 4. Benoîtonisme, subst. masc. Mode pittoresque de parler ou d'agir conformément à celle de la Famille Benoîton (cf. Amiel, Journal intime, 1866, p. 152).
Orthographe
On écrit benoîtonnement, benoîtonner, mais benoîtonisme. V. de même Grev. Orth. 1962, p. 144 : « On double l'n dans traditionnel, mais non traditionalisme, traditionaliste. »
Étymologie et histoire
1866, supra. Du nom de la pièce de Victorien Sardou, La Famille Benoîton, parue en 1865, qui met en scène une famille de nouveaux riches, chez lesquels l'argent a altéré la sensibilité naturelle.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 2.