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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BASSE-COUR

substantif féminin
A. —ARCHITECTURE
1.FORTIF., MOY. ÂGE. Cour intérieure d'une forteresse. Le terrain enclos par les remparts d'une forteresse se nommait la basse-cour (Mérimée, Ét. sur les arts au Moy. Âge, 1870, p. 26).
2. Cour distincte de la cour principale, où se trouvent les écuries et les dépendances.
B. — Ensemble de locaux destinés à l'élevage de la volaille, des vaches, des porcs :
1. Enfin, depuis quelques années, Moreau payait son boucher avec des porcs de sa basse-cour, tout en gardant le nécessaire à sa consommation. (Balzac, Un Début dans la vie, 1842, p. 395)
1.[Considérés du point de vue des animaux qui y vivent]
— P. métaph. :
2. Il m'informe que, pour que dorénavant les jeunes ne se moquent plus des vieilles, il les a séparées et les entraîne à des heures différentes. Devoir en arriver là! n'est-ce pas que c'est la jungle? — Dites simplement la basse-cour, où les poules se tuent entre elles, lentement, à coups de bec. (Montherlant, Les Olympiques, 1924, p. 284)
— P. méton. Ensemble des animaux qui vivent dans une basse-cour. Les cris, le caquetage, les piaillements de la basse-cour :
3. ... je revois un moulin, une métairie qu'ombrageaient d'immenses platanes : entre l'eau libre et l'eau qui travaillait au moulin, une sorte d'îlot où s'ébattait la basse-cour. (Gide, Si le grain ne meurt, 1924, p. 381)
• P. compar. :
4. Comme une basse-cour se rue sur le poulet malade pour l'achever ou l'expulser, chaque groupe tend à rejeter ses membres les plus faibles... (Barrès, Les Déracinés, 1897, p. 148)
• P. métaph. :
5. Quelques secondes après, les voilà [des mouettes] de nouveau réunies sur l'eau, basse-cour disputeuse que nous laissons derrière nous, nichée au creux de la houle qui effeuille lentement la manne des détritus. (A. Camus, L'Été, 1954, p. 172)
2.[Considérés du point de vue des gens qui y travaillent ou qui en tirent bénéfice] Fille de basse-cour :
6. ... Francine, belle comme l'aurore, eut le sort de Peau-d'Âne. On l'envoya à la basse-cour. (A. France, Le Génie latin, 1909, p. 55)
7. ... deux femmes de basse-cour chargées de la laiterie et qui sentaient le lait caillé, ... (R. Bazin, Le Blé qui lève, 1907, p. 280)
— Vieilli, fam. Nouvelles de basse-cour. Nouvelles fausses.
Prononciation et orthographe
[bɑsku:ʀ]. Durée mi-longue sur [ɑ] post. dans Barbeau-Rodhe 1930 (cf. aussi Fér. 1768 et Fér. Crit. t. 1 1787 qui écrit bâsse-cour).
Étymologie et histoire
1. xiiie s. « dépendances, cour des dépendances d'une maison (p. oppos. à la cour princ.) » (Cout. d'Artois, 93, Tardif d'apr. Delboulle dans R. Hist. litt. Fr., t. 4, p. 137 : Les autres a aoisemens de la basse court); d'où
2. xive s. « cour où l'on élève les petits animaux et la volaille » (Eust. Desch [amps], III, 269 dans Gdf. Compl. : La basse court fait assez pourveance D'avoir poucins, poulaille et maint oison);
3. 1797 « l'ensemble de ces petits animaux et de la volaille » (Sénac de Meilhan, L'Émigré, p. 1643 : J'ai bien de petits agréments [...] j'ai une bonne basse-court, mon potager me donne des légumes en quantité). Composé du fém. de l'adj. bas* et de cour*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 267. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 269, b) 849; xxe s. : a) 339, b) 246.
Dérivés

Basse-courier, ière,

substantif
Personne chargée des soins de la basse-cour. — [baskuʀje], fém. [-jε:ʀ]. — 1re attest. 1863 (Littré); dér. de basse-cour*, suff. -ier*. — Fréq. abs. littér. : 7.
Bibliographie
Goug. Mots t. 1 1962, p. 76.