BAFFE
substantif fémininPop. Gifle. Flanquer, envoyer une baffe :
1. Merde! Le temps y faisait rien du tout! ... Ils me revenaient de plus en plus vifs, et même bien plus âcres toujours... Ah! ... Ils me restaient sur la coloquinte avec tout les mille corrections, les baffes, les coups de pompe sonnés. (, Mort à crédit, 1936, p. 301)
2. Tu as une âme de poire. On te flanquerait une baffe que tu tendrais l'autre joue pour en recevoir une autre. (, Pierrot mon ami, 1942, p. 33)
3. Chevalme s'approcha de son copain et lui asséna une énorme baffe. Sans dire ouf, le copain s'effondra. (, Le Premier accroc coûte deux cents francs, 1945, p. 392)
Prononciation et orthographe
1. Forme phon. : [baf]. 2. Forme graph. — Lar. 20e donne uniquement baffre ; Rob. enregistre baffe mais signale : « On l'écrit parfois baffre ou bâfre. » Lar. encyclop. (cf. aussi Nouv. Lar. ill.) admet baffe ou baffre. Cf. aussi la forme bafre chez Montherlant (Les Jeunes filles, 1936, p. 993).
Étymologie et histoire
[L'éd. Am. Salmon de Ph. de Beaumanoir, Coutumes Beauvaisis indique bufe sans var. (§ 916) au passage cité d'après l'éd. Beugnot ds Gdf. et T.-L., s.v. bafe]; 1435, 28 janv. Reg. aux sentences, Arch. Douai ds Gdf. : lui donna une baffe ; repris en 1750 arg. baffe (Vadé, Lettres de La Grenouillère, p. 35 : Elle m'a encore apliqué une baffe d'sus l'visage), attesté aussi sous la forme baffre (A. Delvau, Dict. de la lang. verte, 1867). Formé de l'onomat. baf, exprimant la notion de « gonflé, boursouflé », d'où la notion de « coup »; cf. m. fr. bauffree « soufflet » 1466 ds Gdf. À rapprocher de l'a. fr. buffe « coup de poing, tape » (xiiie s. ds T.-L.) et du lat. médiév. buffa « id. » 1273 (Charta Philippi Reg. pro Ecclesia S. Mederici Parisiens. ds Du Cange, t. 1, p. 769c), issus de l'onomat. buff- exprimant le souffle, le gonflement.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 10.
Bibliographie
Le Roux 1752. — Sain. Lang. par. 1920, p. 425.