BÉNÉFICIER2
verbeI. —Emploi intrans.
A. —Bénéficier de qqc.[Le suj. désigne un animé ou un inanimé]
1.Vieilli. Réaliser un gain en espèces. Bénéficier de tant, bénéficier sur les marchés :
1. Sous le régime antérieur à 1850 notre commerce avec la Suisse bénéficiait de 36 millions de francs; désormais, nous allons perdre de plus en plus... (, Correspondance, [avec Tocqueville], 1851, p. 171)
Remarque : Dans cet emploi, bénéficier est en constr. abs.; le compl. prép. indique la somme (de) ou la matière (sur) du bénéfice.
2. Jouir, profiter de quelque chose. Bénéficier d'une aide; faire bénéficier qqc. ou qqn de :
2. ... ceux qui le font [le mal], et qui en bénéficient jouissent doucement (...) du fruit de leur détestable charlatanisme... (, Théories complètes du chant, 1852, p. 64)
Syntagmes : Bénéficier d'un perfectionnement; bénéficier du prestige, de la sympathie, des vertus de qqc. ou de qqn; être appelé à bénéficier de.
— P. iron. Subir un désagrément :
3. ... une auto (...) faillit le [Sulphart] renverser. (...) Il se contenta de montrer le poing à la voiture, en hurlant des injures dont les passants seuls purent bénéficier. (, Les Croix de bois, 1919, p. 312)
— Spéc. dans différents domaines techn.
a)COMM. et COMPTAB.[Le suj. désigne une pers., une collectivité, parfois un inanimé] Bénéficier d'avantages fiscaux (tarifs spéciaux, prêts, etc.), d'une opération spéculative, etc. :
4. ... ces différences dans les conditions financières des prêts handicapent l'industrie privée par rapport aux coopératives qui, au surplus, bénéficient des subventions et d'avances fiscales. (, 1951, p. 30)
b)DR.[Le suj. désigne une pers., parfois un inanimé] Bénéficier d'un droit, d'une immunité, d'un non-lieu, d'un privilège, d'un sursis, etc. ... cette contrainte par corps dont les citoyens ne bénéficient plus (, Un Client sérieux, Les Balances, 1901, p. 125)
B. —Néol.[Le suj. désigne un inanimé]Bénéficier à; bénéficier à qqc. ou à qqn. Profiter à quelque chose ou à quelqu'un, lui être bénéfique :
5. Encore, les progrès des économies dominantes sont-ils loin de bénéficier automatiquement et nécessairement aux économies dominées. (, L'Écon. du XX e s., 1964, p. 351)
II. —Emploi trans.,HIST.,vx.Bénéficier qqn. Nommer quelqu'un à un bénéfice.
Remarque : Attesté dans Guérin 1892, Rob.
Prononciation
[benefisje], (je) bénéficie [benefisi]. Fér. Crit. t. 1 1787 croit déceler une différence entre le subst. (cf.) et le verbe : « [Le verbe] diffère du substantif en ce que, dans celui-ci, ier n'est que d'une syllabe, et que dans le verbe il est de deux : bénéfi-cié, bénéfici-é ».
Étymologie et histoire
I.— xiiie s. dr. médiév. « pourvoir qqn d'un bénéfice » (Liv. de jost. et de plet, II, XIX, § 1 dans Gdf.); d'où 1547 « gratifier d'un bienfait » (Budé, Instit. du Prince, ch. 53 dans Hug.); 1611, Cotgr.
II.— 1751 (Encyclop. t. 2 : Bénéficier. C'est exploiter les mines avec bénéfice, avec profit); d'où av. 1867 bénéficier de « jouir de, profiter de » (Baudelaire dans Lar. 19e). I empr. au lat. médiév. beneficiare (aliquem) « munir d'un beneficium »; II dér. sém. de bénéfice* étymol. B.
II.— 1751 (Encyclop. t. 2 : Bénéficier. C'est exploiter les mines avec bénéfice, avec profit); d'où av. 1867 bénéficier de « jouir de, profiter de » (Baudelaire dans Lar. 19e). I empr. au lat. médiév. beneficiare (aliquem) « munir d'un beneficium »; II dér. sém. de bénéfice* étymol. B.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 367. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 63, b) 94; xxe s. : a) 600, b) 1 105.
Bibliographie
Travaux (Les) de l'Ac. fr. Un nouvel index. Déf. Lang. fr. 1965, n° 27, p. 4.