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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

AVINÉ, ÉE,

adjectif
A. —[En parlant d'un objet : futaille, tonneau] Qui est imbibé de vin :
1. Bientôt une outre au col allongé, au cuir noirci et aviné, circula parmi les convives. (Sue (, Lar. 19 e, 1866)
B. —P. ext.[En parlant d'une pers., d'un de ses attributs, ou de son comportement] Qui est en état d'ivresse ou troublé par l'ivresse. Regard aviné, yeux avinés; haleine avinée (Ac. 1932) :
2. Lorsqu'il [le vieillard] était ivre, il venait errer dans les cloîtres ... appelant les moines dans ses déclamations avinées, et priant d'une voix lugubre devant les chapelles. (G. Sand, Un Hiver à Majorque, 1842, p. 119)
3. Nulle part donc vous ne rencontrez comme chez nous de ces gros fermiers cossus, ventrus, à la face avinée, à la sacoche bourrée d'argent, qui s'en viennent aux foires de campagne, y font grand bruit, y marchandent longuement, se disputent en criant, se tapent dans la main, braillent dans les cafés en jouant aux dominos, s'emplissent de viandes et d'eau-de-vie, boivent jusqu'à trente demi-tasses en un jour, ... (Flaubert, Par les champs et par les grèves, 1848, p. 284)
— Fam. Il est aviné, c'est un corps aviné. « Se dit d'un homme qui a coutume de boire beaucoup » (Ac. 1835, 1878). Avoir les jambes avinées. « Chanceler sur ses jambes pour avoir trop bu » (Ac. 1835, 1878).
— Au fig. Démarche avinée. « La démarche d'un homme pris de vin ou qui semble pris de vin » (Ac. 1932). Souper aviné. Repas copieusement arrosé (cf. Balzac, César Birotteau, 1837, p. 81).
Prononciation
[avine].
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 76.