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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ATTIÉDISSEMENT

substantif masculin
Action d'attiédir, de s'attiédir; résultat de cette action.
A. —Rare. Attiédissement du climat :
1. Beaucoup de lacs de montagne, les « fjords » de Norvège sont dûs à des érosions glaciaires. Il est arrivé qu'un attiédissement du climat ait fait fondre des glaciers, qu'une période froide avait fait avancer fort loin des sommets. (Ch. Combaluzier, Introduction à la géol., 1961, p. 81)
B. —Au fig. État de ce qui est moins chaud, moins ardent, moins vif :
2. J'avais pris la surexcitation de mon cœur pour un sentiment réel et profond; ma tendresse heurtée par un obstacle invincible avait grandi tout à coup, et à ce moment je la croyais éternelle. Je jurais à Suzanne de l'aimer toujours, je le voulais alors, je le pensais; mais je ne devais pas tarder à voir cette tempête d'amour se calmer bientôt pour faire place aux nonchalances de l'attiédissement, sinon de l'oubli. (Du Camp, Mémoires d'un suicidé, 1853, p. 147)
Remarque : Rem. Littré écrit au sujet de ce mot : « Bouhours dit : L'auteur qui a tâché d'introduire insidiateur, fait ce qu'il peut pour établir attiédissement. Je ne sais pourquoi cet écrivain ne se sert jamais de tiédeur, qui est le mot propre. » Littré poursuit. « Attiédissement s'est établi dans l'usage malgré les difficultés qu'il a rencontrées, avec d'autant plus de raison que la remarque de Bouhours n'est pas juste : la tiédeur est l'état de ce qui est tiède, et l'attiédissement l'état de ce qui le devient. »
Prononciation
[atjedismɑ̃]. Seul Passy 1914 transcrit [ε] ouvert à la 2e syllabe du mot.
Étymologie et histoire
1594 atiedissement fig. « action d'attiédir » (Satire Menippée, Har. de M. le Lieut., p. 53 ds Gdf. Compl. : C'est autant de division et d'atediement et atiedissement a noz ennemis); 1690 en partic. (Fur. : Attiedissement... Relâchement de ferveur dans la devotion, dans l'amitié, dans les passions. L'attiedissement en amour se tourne bientôt en indifférence); 1671 (Bouhours, Entretiens, cité par Trév. 1704 : [...] ce mot n'est pas tout-à-fait établi et il vaut mieux se servir de tiedeur ou de relâchement), surtout empl. au figuré. Dér. du rad. du part. prés. de attiédir*; suff. -ment1 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 5.