ARCASIN, ARCASIEN, ARCASINEUR,
substantif masculinA. — Arcasineur (plus rarement arcasin). Escroc pratiquant la mendicité à domicile ou par lettres appelées « arcats » ou « lettres de Jérusalem » (France 1907) :
1. ... l'audace des arcasineurs est si grande, qu'ils ne craignent pas de s'adresser à des individus qui doivent (...) connaître leurs us et coutumes; cela est si vrai, qu'un arcasineur m'adressa (...) la lettre suivante : Toulon, le 14 novembre 1835... (, Les Voleurs, 1836, p. 246)
2. Un joli arcasineur, c'est « l'homme aux bandes » [qui mendie suivant la bande du journal que reçoit sa victime, ici républicain, là monarchiste]. (, Paris horrible et Paris original, 1882, p. 8)
B. — Arcasien. Faux camarade.
3. Arcasien ou susseur ou lézard. — Mauvais camarade, faux camarade. ([Raspail] Réforme pénitentiaire lettres sur les prisons de Paris, 1835, p. 2)
• Faire l'arcasien. Faire le malin :
4. [L'ex-forçat] : ça n'est pas bien d'avoir voulu faire l'arcasien [le malin] avec de bons camarades! (, Le Fils du diable, 1847, p. 64)
Étymologie et histoire
1. 1835 arg. arcasien, supra ;
2. 1836 id. arcasien/arcasineur (F. Vidocq, Voleurs, I, 7 : Arcasien, arcasineur sm. Celui qui écrit des lettres de Jérusalem); 1907, arcasin « id. », France ; d'où 1847 faire l'arcasien « faire le malin », supra. Dér. de [lettre] arcasienne arg. « lettre de Jérusalem » c.-à-d. « lettre de détenu faisant espérer, en échange de quelques subsides, la découverte et la possession d'un trésor » (1835, Esn., s.v. Arcasienne) qui, étant donné son sens, remonte prob. au lat. arca (arche*) pris soit au sens de « coffre » (d'où la not. de « trésor ») soit au sens de « prison, cellule », par l'intermédiaire d'une lang. rom. où le [k] s'est maintenu. Cf. esp. et port. arcaz « coffre ». L'hyp. d'une dér. de arcasse* littéralement « celui qui monte une arcasse, un bateau » (Sain, Sources Arg. t. 2, p. 272) ne semble acceptable ni sémantiquement (arcasse n'ayant jamais eu le sens de « escroquerie, supercherie ») ni phonétiquement (le son [z] intervocalique étant inexpliqué); la forme arcasin est dér. de arcasien avec changement de suff.; arcasineur est dér. de arcasin ou plutôt, en raison de la difficulté chronol., dér. de arcasienne avec modification du rad.; suff. -eur2 *.
2. 1836 id. arcasien/arcasineur (F. Vidocq, Voleurs, I, 7 : Arcasien, arcasineur sm. Celui qui écrit des lettres de Jérusalem); 1907, arcasin « id. », France ; d'où 1847 faire l'arcasien « faire le malin », supra. Dér. de [lettre] arcasienne arg. « lettre de Jérusalem » c.-à-d. « lettre de détenu faisant espérer, en échange de quelques subsides, la découverte et la possession d'un trésor » (1835, Esn., s.v. Arcasienne) qui, étant donné son sens, remonte prob. au lat. arca (arche*) pris soit au sens de « coffre » (d'où la not. de « trésor ») soit au sens de « prison, cellule », par l'intermédiaire d'une lang. rom. où le [k] s'est maintenu. Cf. esp. et port. arcaz « coffre ». L'hyp. d'une dér. de arcasse* littéralement « celui qui monte une arcasse, un bateau » (Sain, Sources Arg. t. 2, p. 272) ne semble acceptable ni sémantiquement (arcasse n'ayant jamais eu le sens de « escroquerie, supercherie ») ni phonétiquement (le son [z] intervocalique étant inexpliqué); la forme arcasin est dér. de arcasien avec changement de suff.; arcasineur est dér. de arcasin ou plutôt, en raison de la difficulté chronol., dér. de arcasienne avec modification du rad.; suff. -eur2 *.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 1.
Bibliographie
Esn. 1966. — France 1907. — Larch. 1880. — Larch. Suppl. 1880. — La Rue 1954.