APPLIQUANT
substantifA. -Au masculin.
1.Compagnon, camarade.
Il vous en fault venir aussi, Applicant. Mectés vous en point. (, Roy Adv. M., 1455, 165 )
2.[Avec une nuance péj.]
a)Gaillard.
Et aux hardeaux portans espees, Comme terribles applicquans, De nuit trois ou quatre crupees, S'on les trouve par les clicquans (, Faictz Dictz D., 1467-1506, 723 )
...et, à l'heure que ce fut achevé, messeigneurs de Nostre-Dame chantoyent leurs matines, et lors, comme ilz chantoyent l'invitatoire en leur choeur, la gendarmerie fit son introite en leur eglise par le portail, et furent merveilleusement esbahis les chanoines et chapelains de veoir et auyr telz applicans et menistres sans chappes, soupplis ou sarros, montéz au plus beau de leur formes, tenans en main hallebardes, hacquebutez, picques à longuez broches en lieu d'encensoirs et de croches. (, Chron. D.J., t.2, 1474-1506, 343 )
LUCIFER. Filz de putains ! allez grant erre Empescher leurs dictz et leurs faitz (...) ! O quelz gens j'ay ? SATHAM. Laiz et mauvays ! LUCIFER. Quelz applicquans ? SATHAM. Fiers et orribles ! (, Vie Pass. st Didier S., 1482, v.1518 )
Regardons bien que nous dirons, Vela ne scay quelz appliquans Qui [pourroient] estre repliquans Se nous disons rien de travers. (Copp. lard., a.1488, 162 )
Vous applicquans gentilz galloys Qui coppiés Dieu et le monde (Copp. lard., a.1488, 179 )
b)Joyeux compagnon, coureur d'aventures galantes.
Ung applicquant, ung gorgias, Frisque, bien empoint et mignon, Ung habille homme, ung compaignon, Qui se veult mesler de dancer. (, Oeuvres F., 1478-p.1494, 205 )
Et tous les menuz officiers, Comme scribes et promoteurs, Sont pages et pallefreniers, Aplicans, meschans gaudisseurs, Que sçay je ? ung tas d'afistoleurs (, Oeuvres F., 1478-p.1494, 231 )
On luy fist une fille espouser Qui estoit faicte au mestier, Et quant vint a despuceller : 'Ha !' fist elle, 'Vous m'afoller [sic 'Vous me faites mal'] !' Nostre appliquant se sentit pris Comme les oyseaulx a la glu. (, Oeuvres F., 1478-p.1494, 371 )
B. -Au féminin. Femme légère.
Je demande se l'aplicante, Pour frustrer l'autre et reculer, A quelque raison suffisante De mettre en jeu le cordelier. (, Oeuvres F., 1478-p.1494, 222 )