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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ANNULATION

substantif féminin
Action d'annuler, de s'annuler; résultat de cette action.
A. —DR.[Ce qui est annulé est un acte jur., une convention, etc.; cf. annuler I A 1] Annulation de mariage; cas d'annulation; demander l'annulation :
1. Au sein du Ministère, le ministre exerce le pouvoir hiérarchique par voie de décision, d'annulation, ou de réformation. (G. Belorgey, Le Gouvernement et l'admin. de la France, 1967, p. 88)
Syntagmes : Droit d'annulation, recours en annulation, demande en annulation, procédure d'annulation ; annulation des actes, des délibérations, des élections, des contrats, d'un testament.
B. —P. ext.[Ce qui est annulé est une pers. ou une chose]
1.Rare.[Une pers.; cf. annuler I B] :
2. Le Brun fait ce que veut le roi (...) et cette annulation d'un homme de talent devant la suffisance d'un potentat est écœurante, ... (C. Mauclair, De Watteau à Whistler, 1905, p. 22)
2.[Une chose abstr.; cf. annuler IB et II] :
3. Un des résultats les plus considérables de cette annulation de l'autorité royale par des causes pourtant presque opposées, c'est que la loi salique devient inutile. (Hugo, Le Rhin, 1842, p. 448)
— En partic.,PSYCHANAL. Annulation rétro-active. « Défense caractérisant notamment la névrose obsessionnelle par laquelle une action est accomplie pour abolir magiquement une action antérieur. » (Piéron 1963).
Remarque : On rencontre, en zool., un homon., pour l'usuel annélation « caractère de l'animal annelé » :
4. Par l'annulation régulière de leur corps (...) les Cécilies semblent les plus primitifs des Batraciens ... (E. Perrier, Traité de zool., t. 3, 1925, p. 2730)
Prononciation
[an(n)ylasjɔ̃].
Étymologie et histoire
1320 anullacion « action d'annuler » (A.N. JJ 60, f° 30 r° ds Gdf. Compl. : Souffrir paciemment la revocacion et l'annulacion des choses dessus dites), attesté uniquement au xive s.; repris au xviiie s. 1751 justice (Encyclop.). Dér. de annuler*; suff. -ation*; à rapprocher du lat. chrét. adnullatio « id. » (ive -ve s., St Jérôme, Epist., 106, 67 ds TLL. s.v., adnihilatio, 780, 47), bien attesté en lat. médiév. comme synon. de abolitio.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 46.
Bibliographie
Bach.-Dez. 1882. — Bastin 1970. — Cap. 1936. — Dub. Pol. 1962, p. 120. — Foi t. 1 1968. — Lafon 1969. — Lapl.-Pont. 1967. — Lhoste-Pèpe 1964. — Marcel 1938. — March. 1960. — Méd. Biol. t. 1 1970. — Moor 1966. — Noter-Léc. 1912. — Piéron 1963. — Sill. 1965.