AMYGDALE
substantif fémininA. — Glande en forme d'amande placée de chaque côté de l'isthme du gosier entre les piliers du voile du palais :
1. Les amygdales, on me les a retirées à huit ans, bien sûr, ça ne sert à rien... (, La Maternelle, 1904, p. 188)
2. ... je ne peux pas vivre sans lui. Je le trouve intelligent beau, spirituel, plus intelligent, plus beau, plus spirituel que tous les gaillards qui sont dans la salle en train de bâiller à nous montrer leur luette, leurs amygdales, leur œsophage et tout le bazar. (, Chronique des Pasquier, Suzanne et les jeunes hommes, 1941, p. 70)
— Au fig., arg. Se caler les amygdales. « Bien manger. » (G. Delesalle, Dict. argot-français et français-argot, 1896, p. 11). Se rincer l'amygdale. « S'enivrer. » (G. Delesalle, Dict. argot-français et français-argot, 1896, p. 354). S'humecter les amygdales. « Boire un coup. » (L. Rigaud, Dict. d'argot moderne, Suppl., 1888, p. 212). Se faire lécher les amygdales. « Se faire embrasser. » (Sandry-Carr. 1963).
B. — « Noyau de substance grise siégeant au-dessus du corps strié. C'est une formation importante du rhinencéphale qui régit les fonctions instinctives et affectives. » (Piéron 1963) :
3. Les lobules inférieurs des hémisphères [du cervelet] sont : les amygdales ou tonsilles... (, Manuel d'anatomie humaine, 1912, p. 308)
Remarque : Composés et dér. Amygdalectomie, subst. fém., chir. Ablation des amygdales (cf. Catal. d'instruments de chir. [Collin], 1935, p. 188). Amygdalien, enne, adj. Qui se rapporte aux amygdales, qui en a la forme (cf. ibid.).
Prononciation et orthographe
1. Forme phon. : [ami(g)dal]. Passy 1914 et Warn. 1968 transcrivent le mot avec [g], Harrap's 1963 sans [g]. Dub., Pt Rob. et Pt Lar. 1968 donnent les 2 possibilités de prononc. avec ou sans [g]. Fouché Prononc. 1959, p. 341 fait à ce sujet la rem. suiv. : « Dans les groupes gd, gm, gv et gz, où les deux consonnes sont séparées par la coupe syllabique et dans les groupes gl, gr, où les deux consonnes appartiennent à la même syllabe, g a la valeur de [g] : amygdale, magdalénien, augmenter, dogmatique, énigmatique, flegmatique, pigment, pygmée, stalagmite, stigmate, zigzag, zigzaguer, etc. — aveugler, beugler, église, négliger, agrandir, agréable, aigreur, chagrin, etc. » (cf. aussi Kamm. 1964, p. 185). Il faut noter que dans la prononc. cour. la tendance est de ne plus prononcer [g]. 2. Hist. — Fér. Crit. t. 1 1787 fait la rem suiv. : « Quelques-uns écrivent Amigdale avec un i mais l'y grec marque mieux l'origine grecque de ce mot ». Ac. 1835, s.v. amigdale renvoie à amygdale. (Cf. aussi Besch. 1845 qui déclare que la graph. avec y grec est la seule admissible; cf. également Littré qui précise, s.v. amigdale : « mauvaise orthographe »). Nouv. Lar. ill. écrit : « amygdale et quelquefois amigdale (vx) ».
— Dér. Amygdalectomie. Seule transcription ds Pt Rob. : ami(g)dalεktɔmi.
— Dér. Amygdalectomie. Seule transcription ds Pt Rob. : ami(g)dalεktɔmi.
Étymologie et histoire
1. Ca 1370-1478 méd. amigdale « corps glanduleux en forme d'amande placé aux deux côtés de la gorge » (Guy de Chauliac, La Grande chirurgie, éd. de 1478 d'apr. G. Sigurs ds Fr. mod. t. 33, p. 201); 1503 (Le guidon en françoys, 137c, éd. de 1534 d'apr. Vaganay ds Rom. Forsch., t. 32, p. 8 : L'aposteme appert seulement vers joues et amigdalles quant la langue est compreincte);
2. xve s. « amande » (Grant Herbier, n° 26 ds Gdf. Compl. : Amigdale dulces ce sont amandes doulces); cette forme savante de amande (infra et amande* étymol.) n'est attestée que 3 fois au xve s. (op. cit. et T.-L., s.v. amende). Empr. au lat. amygdala « amande » (Columelle, 12, 57, 2 ds TLL s.v., 2029, 21 : nucleos pineos ... et amygdalam adicito); sens méd. qui s'explique par l'anal. de forme, attesté en lat. médiév. (xiie s., Tract. de chirurgia, 732 ds Mittellat. W. s.v., 601, 26 : [b]rancis interius tumescentibus et quasi duas amigdalas creantibus). Le lat. est empr. au gr. ἀμυγδάλη « amande ».
— Amygdalectomie, 1935, supra. Amygdalien, 1865 (Littré-Robin).
2. xve s. « amande » (Grant Herbier, n° 26 ds Gdf. Compl. : Amigdale dulces ce sont amandes doulces); cette forme savante de amande (infra et amande* étymol.) n'est attestée que 3 fois au xve s. (op. cit. et T.-L., s.v. amende). Empr. au lat. amygdala « amande » (Columelle, 12, 57, 2 ds TLL s.v., 2029, 21 : nucleos pineos ... et amygdalam adicito); sens méd. qui s'explique par l'anal. de forme, attesté en lat. médiév. (xiie s., Tract. de chirurgia, 732 ds Mittellat. W. s.v., 601, 26 : [b]rancis interius tumescentibus et quasi duas amigdalas creantibus). Le lat. est empr. au gr. ἀμυγδάλη « amande ».
— Amygdalectomie, 1935, supra. Amygdalien, 1865 (Littré-Robin).
Statistiques
Fréq. abs. litt. : 13.
Bibliographie
Bél. 1957. — Boiss.8. — Bouillet 1859. — Bréz. Pierre 1968. — Fér. 1768. — Garnier-Del. 1961 [1958] (s.v. amygdalectomie). — Lar. mén. 1926. — Littré-Robin 1865 (et s.v. amygdalien). — Nysten 1814-20. — Piéron 1963. — Prév. 1755. — Privat-Foc. 1870. — Sandry-Carr. 1963. — Thomas 1956.