Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ACCOINTEMENT

substantif masculin
A. — Commerce, fréquentation (cf. accointance I) :
1. Et son travail est toujours une eau courante. Et sa prière, je le sais, est toujours une eau courante. Singulier peuple, il faut, dit Dieu, qu'il y ait eu quelque accointance. Quelque accointement. Qu'il se soit fait quelque accointance entre ce peuple et cette petite espérance. (Ch. Péguy, Le Porche du mystère de la 2 e vertu, 1911, p. 276)
Remarque : Péguy archaïse volontiers (cf. accointer), mais aime également, à la manière des poètes médiévaux, jouer librement des suff. Dans la mesure où il y a oppos. entre accointement et accointance, le 1er exprimerait un acte unique, le second un état, un comportement habituel.
B. — Commerce amoureux (cf. accointance II) :
2. ... elle eût suscité des convoitises de mâles, des combats à coups de bec et subi le vainqueur, heureuse, dans l'équilibre instable de l'accointement sur une branche fleurie. (L. Pergaud, De Goupil à Margot, 1910, p. 241)
Étymologie et histoire
1. 1155 « accueil aimable » (Wace, Brut, 9164 ds Keller, Ét. descriptive sur le vocab. de Wace, 165 b : Ne firent nul demurement Ne plai de lunc acuintement). — début xiiie s., Villehardoin ds Gdf. ;
2. xiiie s. « liaison, commerce » (Gautier de Coincy, Les Miracles de la Sainte Vierge, 42, 582, éd. Poquet ds T.-L. : il n'a mes nul acointement A nul, tant soit ne fiers ne cointes). Qualifié de peu us. par Estienne, Dict. françois-lat., 1549 et Nicot 1606, de vieux mot par Cotgr. 1611 (accointement as accointance [an old word]). Dér. de accointer*; suff. -ment*.
Statistiques
Fréq. abs. litt. : 2.