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Voir également: diable, interjection 
Définition du dictionnaire de l’Académie française, 8e édition (1935)

DIABLE

nom masculin
Démon, esprit malin, mauvais ange. Être possédé du diable. Une tentation du diable. Chasser les diables. On prétendait qu'il avait fait un pacte avec le diable.
Avocat du diable. Voyez AVOCAT.
Figuré et familier, Le diable n'y perd rien, se dit en parlant de Celui, de celle qui sait habituellement maîtriser et cacher les passions et les sentiments qui le tourmentent. Cette personne est ordinairement très calme; mais le diable n'y perd rien. Cela se dit également en parlant des Souffrances qu'on dissimule. Je n'ai pas l'air de souffrir, mais le diable n'y perd rien.
Cette femme a la beauté du diable, Elle n'est pas jolie, mais elle a la fraîcheur de la jeunesse.
Proverbe, Quand le diable est vieux, il se fait ermite, se dit en parlant de Quelqu'un qui, après avoir été libertin, devient dévot sur ses vieux jours.
Fig. et pop., Le diable bat sa femme et marie sa fille, se dit Quand il pleut et qu'il fait soleil en même temps.
Familier, Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un Grand mangeur.
Le diable ne lui ferait pas faire telle chose, On aurait bien de la peine à lui faire faire telle chose. Quand une fois il a dit Non, le diable ne lui ferait pas dire Oui. Le diable ne lui ferait pas lâcher prise.
Ne craindre ni Dieu ni diable. Voyez CRAINDRE.
Figuré et familier, Tirer le diable par la queue, Avoir beaucoup de peine à se procurer de quoi vivre.
Figuré et familier, Loger le diable dans sa bourse. Voyez BOURSE.
Avoir le diable au corps, Être méchant, furieux. Il querelle et bat tout le monde, il a le diable au corps. On le dit aussi en parlant des Animaux. Ce cheval a le diable au corps. On le dit encore en parlant d'une Personne qui montre beaucoup d'activité, de verve, d'entrain. Ce débutant, cette comédienne a le diable au corps.
Figuré et familier, C'est le diable, c'est là le diable, voilà le diable, se dit de Ce qu'il y a de pénible, de difficile, de fâcheux, de contrariant dans la chose dont il s'agit. Nous aurions besoin de son consentement, et il le refuse : c'est là le diable. Voilà le diable!
Familier, Cela se fera, ou il faudra que le diable s'en mêle, à moins que le diable ne s'en mêle, si le diable ne s'en mêle, Cette affaire se fera malgré tous les obstacles. Cette affaire ne se fera pas, à moins, etc., Il est presque impossible que cette affaire réussisse. On dit dans le même sens Cela se fera si le diable s'en mêle.
Quand le diable y serait, se dit pour exprimer qu'Une chose paraît difficile, impossible, incroyable. Quand le diable y serait, vous ne me ferez pas croire cela.
Le diable n'y verrait goutte, se dit en parlant d'une Chose fort difficile à comprendre, à débrouiller. L'affaire est maintenant si embrouillée, que le diable n'y verrait goutte.
Donner, envoyer au diable, à tous les diables, aux cinq cents diables, Maudire, rebuter, repousser, renvoyer avec colère, avec indignation. On dit de même Va-t'en au diable. Qu'il s'en aille au diable, à tous les diables. Que le diable l'emporte. Je voudrais que tu fusses, qu'il fût au diable, à tous les diables, aux cinq cents diables. Que le diable, ou, simplement, Le diable soit de lui, de toi, etc. Au diable soit l'imbécile, le sot, etc., qui a fait telle chose!
Figuré, S'en aller au diable, à tous les diables, Se perdre, disparaître tout à fait. Mon chapeau, emporté par le vent, s'en est allé à tous les diables. Cela signifie aussi Manquer, échouer. Je crains bien que mon mariage ne s'en aille à tous les diables. L'affaire s'en va au diable, à tous les diables. On dit de même, dans l'un et dans l'autre sens, Être à tous les diables.
Figuré, Être au diable, Être excessivement loin. Impossible de le joindre : il est au diable. Dans le même sens : Aller au diable au vert. Demeurer au diable au vert. On dit abusivement, dans le langage courant, Aller, demeurer au diable au vert et même au diable vert.
Figuré, Se donner au diable, se dit lorsqu'on se donne beaucoup de mal, beaucoup de mouvement et de peine pour quelque chose. Certes, la chose est aisée, et il ne faut pas se donner au diable pour la faire; ou pour exprimer la vive impatience, le dépit violent qu'on éprouve de quelque chose. Vos sottes raisons me feraient donner au diable.
Je veux que le diable m'emporte, si... Le diable m'emporte, si... Le diable m'emporte. Locutions employées, par forme de serment, pour affirmer ou nier avec plus d'énergie. Je veux que le diable m'emporte, si j'y comprends un mot. Que le diable m'emporte, si cela n'est pas comme je le dis. Non, le diable m'emporte, je n'en savais rien. On dit de même : Du diable si... et Au diable si... Du diable si j'y comprends rien. On a beau l'appeler, du diable s'il répond. Au diable si l'on m'y rattrape.
Par forme de serment, Je n'en ferai rien, de par tous les diables.
Figuré, Faire le diable, faire le diable à quatre, Faire beaucoup de bruit, causer beaucoup de désordre, s'emporter à l'excès. Ils ont fait le diable, le diable à quatre dans cette auberge. Cela signifie aussi Se donner beaucoup de peine, de mouvement pour quelque chose. Il a fait le diable à quatre pour l'obtenir, pour l'empêcher.
Figuré, Cela ne vaut pas le diable, se dit d'une Chose qui ne vaut rien, ou qui est fort mauvaise dans son genre. Ce roman ne vaut pas le diable.
Un bon diable, Personne de bonne humeur, de bon caractère et commode à vivre. Il est assez bon diable. Un méchant diable, Personne méchante et rusée.
Un pauvre diable, Un homme qui est dans la misère. C'est un pauvre diable qui a bien de la peine à vivre. Il se dit aussi d'un Homme de médiocre valeur.
Un grand diable, Un homme grand et dégingandé.