THAUMATURGE
adjectif et substantifA. —Adj. et subst.[En parlant de qqn]
1.RELIG. (Personne) qui accomplit des miracles. Rois thaumaturges. Ce moine, le P. Paul de Moll aurait été l'un des plus extraordinaires thaumaturges de notre temps. Il guérissait, comme en s'amusant, tous les maux (, Oblat, t. 1, 1903, p. 271). En ce sens, le sophiste est le continuateur du vates [devin] archaïque, du prophète thaumaturge (Jeux et sports, 1967, p. 756).
— P. métaph. La foi et le patriotisme sont les deux grands thaumaturges de ce monde (, Souveraineté, 1821, p. 377).
2.P. ext., péj. (Personne) qui prétend accomplir des miracles, défier les lois de la nature. Synon. magicien. Les thaumaturges ravivaient les cultes mithriaques, celui d'Isis, ou la simple magie (, Corresp., [avec Tocqueville], 1843, p. 64). En 1616, Marie de Médicis confia à un certain Guy de Crusembourg 20 000 livres pour faire de l'or. On enferma le thaumaturge à la Bastille pour qu'il pût y travailler à loisir. Trois mois plus tard, l'adroit souffleur quittait son officine fortifiée et s'enfuyait avec les écus (, Alchimistes, 1959, p. 55).
B. —Adj., rare.[En parlant de qqc.] Miraculeux. Reliques thaumaturges. V. assimilable ex. 1.
Prononciation et orthographe
[tomatyʀʒ]. Att. ds Ac. dep. 1798.
Étymologie et histoire
1610 [éd.] Thaumaturge, c'est à dire Operateur de merveilles (P. Coton, Institution catholique, II, 1350 ds R. Philol. fr. t. 43, p. 133). Empr. au gr. θαυματουργός « celui qui fait des tours d'adresse » à l'époque chrét. « celui qui fait des miracles », comp. de θαυ̃μα, -ατος « objet d'étonnement ou merveilleux » d'où au plur. τὰθαύματα « tour de force, d'adresse » et de ἔργον « l'action ».
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 53.
Dérivés