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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ROUPILLER

verbe intransitif
Pop., fam.
A. —Vieilli. Sommeiller à demi. Les vieillards, assis sur les banquettes de frêne fixées dans les encoignures de la vaste cheminée, roupillent doucement (Fabre, Courbezon, 1862, p. 119).
B. — Dormir. Un type (...) que j'ai rencontré rue Aubry-Le-Boucher. Je lui ai dit que je cherchais un garni. Mais pas dans un hôtel. Parce qu'il m'arrivait souvent de travailler la nuit; et que pour roupiller le jour dans un hôtel, c'était impossible, à cause des allées et venues (Romains, Hommes bonne vol., 1932, p. 246). Je roupille à la façon des marmottes, à peine le nez sur le traversin (Arnoux, Rêv. policier amat., 1945, p. 145).
Prononciation et orthographe
[ʀupije], (il) roupille [-pij]. Att. ds Ac. dep. 1718.
Étymologie et histoire
1597 (M. Papillon de Lasphrise, Les Premières œuvres poét., Sonnet en authentique lang. soudardant, p. 459: et de noir roupillant, Sur la gourde fretille). Prob. issu d'un rad. onomat. roup- évoquant un ronflement saccadé. Roupiller est également att. dans plusieurs dial. aux sens de « ronfler; grommeler; râler, etc. » (FEW t. 10, pp. 578-579, s.v. rupp- ; Sain. Sources t. 2, pp. 9-10).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 45.
Dérivés

Roupilleur, -euse,

substantif
pop.,fam. Personne qui roupille. Je pensais au niston, ce petit voyou de roupilleur qui dormait sur sa maman la nuit de l'orage (Giono, Baumugnes, 1929, p. 138). — [ʀupijœ:ʀ], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1740. — 1re attest. 1740 (Ac.); de roupiller, suff. -eur2 *.
Bibliographie
— Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 146. — Dauzat Ling. fr. 1946, p. 283. — Schmidt 1914, § 88, 89.