ESCLANDRE
substantif masculinPourvu que la petite n'aille pas faire de l'esclandre, et compromettre tout! — « Si c'était vrai que t'es grosse », dit la mère, (...) mais t'avise jamais de conter ce qui s'est passé ici... (, Vieille Fr., 1933, p. 1096)
• Faire esclandre (vieilli). Les patrouilles sont fort silencieuses, et tout bruit fait esclandre (, Filles du feu, Émilie Paris Champion, 1931 [1854], p. 313).
• Faire un esclandre à qqn. Elle a traversé exprès, la Méhon, pour venir provoquer ma mère, lui faire un esclandre (, Mort à crédit, 1936, p. 83).
Remarque : Au xixe s. on rencontre qq. emplois au fém. La cordonnière, qui apprend cela par la cuisinière, vient me voir; nous nous montons la tête, elle veut faire une esclandre (Balzac, Comédiens, 1846, p. 323). Pour adoucir leurs regrets, ils ont l'espoir que le partage de leur défroque causera une belle esclandre (Mérimée, Lettres Delessert, 1870, p. 93).
Prononciation et orthographe
[εsklɑ̃:dʀ̥]. Ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1re moitié xiie s. « piège, cause de ruine » (Ps. Oxford, LXVIII, 27 ds T.-L.); ca 1175 esclandre « bruit, indignation, scandale » (B. de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 39021); spéc. fin xive -début xve s. escande « incident scandaleux » (Quinze joies de mariage, éd. J. Rychner, XV, p. 107, 128). Adaptation, plus francisée que scandale*, du lat. chrét. scandalum (gr. σκάνδαλον) « pierre d'achoppement, piège », au fig. « ce qui fait tomber dans le mal, le péché; scandale ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 108.
Bibliographie
Bourguignon (J.). Qq. arch. ds les Fables de La Fontaine. In : [Mél. Gamillscheg (E.)]. München, 1968, pp. 86-87.