ÉVIDER
verbe transitifA. — Creuser l'intérieur d'un objet en laissant le pourtour intact. Évider une flûte, une clarinette (Ac., 1878-1932). Évider le tronc [d'arbre] qui deviendra une pirogue (, Anthropol. cult., 1936, p. 128). La radiographie révèle (...) de grandes bulles évidant tout l'intérieur d'une phalange et ne laissant à la périphérie qu'une mince pellicule osseuse (, Rhumatol., 1956, p. 569).
— Au fig. Le christianisme des romantiques est un christianisme sans la conscience du péché originel, c'est-à-dire un christianisme évidé de sa substance (, Hist. litt. fr., 1936, p. 322).
B. — Creuser, tailler la partie extérieure, le contour d'un objet. Vieil escalier de pierre, dont les marches sont évidées par les pas (, Vieille Fr., 1933, p. 1045).
C. —Spécialement
1.ARCHIT. Tailler les pierres, les matériaux, pour alléger le bâtiment ou le rendre plus élégant. [Le style flamboyant] ne fait que le pousser un peu au delà de ses conséquences raisonnables [le style rayonnant], évidant les masses, divisant les forces vives de la maçonnerie (, Hist. art, 1914, p. 103) :
Ces hommes-là étaient donc des géants; ils prenaient un bloc de grès, et, pour s'en faire une fenêtre, ils l'évidaient et le séparaient en bandes longitudinales, de façon à laisser le jour pénétrer par les longues fentes qui le divisaient... (, Nil, 1854, p. 227)
— Emploi pronom. Les parois s'évidaient (, Tour monde, 1873, p. 112).
2.ARTS MÉN. Ôter l'excès d'empois du linge. Ce col est trop dur, est trop ferme, il faut l'évider (Ac., 1835 1878).
3.COUT.Synon. de échancrer. Le collet de cette robe, de ce manteau n'est pas assez évidé, est trop évidé (Ac., 1835-1932).
4.TECHNOL. Faire une cannelure, une tubulure par nécessité ou pour rendre l'objet plus léger ou plus agréable. L'une [de ces traverses] (...) est évidée en gouttière (, Manuel menuisier, t. 2, 1857, p. 54).
Remarque : La plupart des dict. gén. du xixe et du xxe s. dont Ac. 1835-1932 enregistrent évidoir, subst. masc. Outil dont se sert le facteur pour évider l'intérieur de certains instruments à vent (flûtes, clarinettes).
Prononciation et orthographe
[evide], (il)évide [evid]. Ds Ac. 1762-1932.
Étymologie et histoire
1. 1re moitié xiie s. esvuider fig. « vider de, évacuer, anéantir; abandonner » (Psautier de Cambridge, 140-8 ds T.-L.);
2. 1642 evuider « creuser en enlevant une partie de la matière » (Duez, Dict. fr.-all.); spéc. 1680 evider une manche (Rich); 1694 archit. (Th. Corneille). Dér. de vide*; préf. é-*; dés. -er ; le verbe fr. a assumé les sens du lat. impérial evacuare (vacuus).
2. 1642 evuider « creuser en enlevant une partie de la matière » (Duez, Dict. fr.-all.); spéc. 1680 evider une manche (Rich); 1694 archit. (Th. Corneille). Dér. de vide*; préf. é-*; dés. -er ; le verbe fr. a assumé les sens du lat. impérial evacuare (vacuus).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 89.
Dérivés