ÉVANOUIR
verbe1. Archaïque. Intransitif. Transitif. Détruire, dissiper, faire disparaître.
« Voilà donc de quoi dépendent les destins des hommes ! Mais, ajouta-t-il, un bonheur si étrange sera peut-être bientôt évanoui. » (Voltaire, Zadig ou la Destinée, VI. Le ministre, 1748)
« Le spectacle de la mort de Virginia, immolée par son père à la pudeur et à la liberté, fit évanouir la puissance des décemvirs. » (Montesquieu)
« Il soupesa ce scrupule et le trouva bien léger en face de cette femme honnête dont il évanouissait la douleur. » (Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, partie I (« Des enfants pour les cannibales »), chapitre 3, page 43, éditions Gallimard, 2001)
2. Pronominal. Tomber en faiblesse, perdre connaissance.
« Cette femme s’évanouit en apprenant la mort de son mari. »
3. Pronominal. Disparaître sans laisser de traces, en parlant des choses et, plus rarement, des personnes.
« Mais le moment était arrivé où la terre et tous ses trésors allaient s’évanouir devant ses yeux, […], alors que ses regards plongeaient sur le sombre abîme de la vie future. » (Walter Scott, Ivanhoé, ch. {{{1}}}, traduit de l’anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret, 1820)
« Elle s’était évanouie comme un silphe sans laisser de traces de sa fuite. » (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858, page 341)
« Ces légers événements s’évanouissent comme des scènes de comédie sur lesquelles le rideau tombe. » (Henri Barbusse, L’Enfer, chapitre III, Éditions Albin Michel, Paris, 1908 ; éditions G. Crès, Paris, 1925, page 23)
« De Gaulle que tant de tempêtes avaient assailli sans jamais l’ébranler, s’évanouit et disparut à la première égratignure que lui fit un parlement-croupion. » (François Mitterrand, Le coup d’État permanent, 1965)
4. Perdre conscience, perdre connaissance, tomber en pâmoison, en syncope.
« Quand on commence à s’évanouir, il y a une douceur à se sentir le cœur s'en aller. » (Goncourt, R. Mauperin, 1864)
« Je vis tourner devant moi les verres et les fleurs ; je crus que j'allais m’évanouir. » (Maurois, Climats, 1928)