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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ÉPICÉ, ÉE,

participe passé et adjectif
I. —Part. passé de épicer*.
II. —Adjectif
A. —
1. Qui est assaisonné d'épices. Un ragoût épicé. (Quasi-)synon. relevé; anton. fade. Quelques mets salés et fortement épicés propres à exciter l'appétit (Mérimée, Dern. nouv., 1870, p. 92). Un bouillon fortement épicé, poivré et aromatisé (Menon Lecotté, Vill. de Fr., t. 2, 1954, p. 35).
— [Suivi d'un compl. prép. introduit par de, à] Un grand verre de calvados brûlant, épicé de clous de girofle et de citron (Mille, Barnavaux, 1908, p. 91). Saindoux bien épicé au girofle et à la muscade (Martin du G., Thib. , Été 14, 1936, p. 112).
2.P. ext., littér. Qui est chargé d'un parfum d'épices. Tu aimes beaucoup leur âme, c'est peut-être aussi la senteur épicée que l'on respire sous leurs aisselles? (Flaub., Tentation, 1849, p. 220). Le vent épicé fait rêver d'aventures (Samain, Chariot, 1900, p. 37).
B. —Au fig.[En parlant de propos, d'œuvre littér.]
1. Égrillard. (Quasi-)synon. osé, leste; piquant (fam.), salé. Grivet hasarda quelques plaisanteries épicées qui eurent un succès médiocre (Zola, Th. Raquin, 1867, p. 125) :
C'était [M. de Beaumesnil] un homme déjà mûr (...) fécond en bons mots épicés qui faisaient rougir agréablement les dames au dessert. (Feuillet, Histoire de Sibylle, 1863, pp. 8-9)
2.[Suivi d'un compl. prép. introduit par de] Agrémenté (de quelque chose). Il s'exprimait, avec la plus complète insouciance et sans le moindre égard, — le tout épicé de jugements extrêmement originaux et de saillies burlesques (Rolland, Beeth., t. 2, 1928, p. 580).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 56.