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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ÉJECTER

verbe transitif
A. —[Le compl. désigne une chose concr. ou plus rarement une pers.] Projeter, rejeter hors de (quelque chose). D'abord ses besicles [de Pierrot] furent éjectées [de la mêlée], puis lui-même avec un œil tout noircissant (Queneau, Pierrot, 1942, p. 16). Einstein (...) a montré que chaque (...) photon était capable d'éjecter d'une surface photosensible un électron (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2 1964, p. 515) :
... un vagabond aurait-il su manier avec tant de dextérité une arme si délicate, qui exigeait à chaque coup de ramener la culasse en arrière pour éjecter la douille, et de la ramener en avant pour armer. (Tharaud, Les Enfants perdus, 1948, p. 220)
• Emploi pronom. Se projeter hors de quelque chose. Le pilote de l'avion en feu a pu s'éjecter (Davau-Cohen, 1972).
Remarque : La docum. atteste éjectable, adj., aéron. Siège éjectable. Siège muni d'un parachute qui peut être éjecté hors de l'appareil avec son occupant en cas de détresse. Une version « Super-Magister » avec sièges éjectables (Industr. aéron. fr., 1962, p. 16).
— P. ext., rare. Jeter, projeter au loin. Petit-Pouce, qui avait fini sa cigarette, en écrasa la braise contre son talon, et du pouce et de l'index éjecta le mégot à distance appréciable (Queneau, Pierrot, 1942, p. 8).
B. —Au fig., fam.[Le compl. désigne une pers.] Expulser, congédier brutalement. Un élève qui se fait éjecter de la classe (Dub.).
Prononciation
[eʒεkte], (j')éjecte [eʒεkt]. Enq. : /eʒekt/ (il) éjecte.
Étymologie et histoire
1492 (Marcial, Louanges de Marie, f° 99 r° ds Gdf.) — 1611, Cotgr. ; à nouv. dep. 1890 (Lar. 19e Suppl.). Empr. au lat. class. ejectare « rejeter au dehors » (intensif de jactare).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 6.
Bibliographie
Dub. Dér. 1962, p. 52 (s.v. éjectable).