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VAIRON1, adj.
Gén. au masc.
A. −
1. Yeux vairons. Yeux qui n'ont pas la même couleur ou dont l'iris est dépigmenté, cerclé de blanc. Un grand chien (...) dont les yeux vairons, pleins de douceur, exprimaient une détresse infinie (A. France, Hist. comique, 1903, p. 90).Il avait les yeux vairons et les cheveux différents de couleur (...), selon le profil qu'il m'offrait, roux avec un œil bleu, gris sel avec un œil obscur (Giraudoux, Suzanne, 1921, p. 210).
Rem. 1. Vairon, dans cette expr., évoque parfois le sens anc. de « qui a une couleur indécise, variée, changeante ». Les lueurs troubles de ses yeux vairons (Lorrain, Phocas, 1901, p. 242). Ses yeux vairons, un peu glauques (Vialar, Brisées hautes, 1952, p. 119). 2. Vairon se rencontre plus rarement au sing. Man.-Man. Méd. 1980 et 1986 distinguent un sens sing.: ,,Se dit d'un œil dont l'iris est entouré d'un anneau blanchâtre`` et un sens plur.: ,,Se dit des yeux dont les iris ont des colorations différentes``. Mais cette distinction n'est pas évidente dans les textes. [Blazins] restait contemplatif devant ce trésor étalé, roulant des yeux pleins de lubricité métallique (...). L'œil vairon du Pédant brillait (Gautier, Fracasse, 1863, p. 181). [Une femme de chambre] avait l'œil vairon (...) et se délectait visiblement de son propre mystère (Colette, Apprent., 1936, p. 177).
2. P. méton. [En parlant d'une pers. ou d'un animal] Qui a les yeux vairons. Cheval, chien vairon. Elles besognaient avec Pierre ou Paul ou Jacques, sans choisir le baudet; ah! pourvu qu'elles en eussent un, fût-il teigneux (...), bigle, vairon (Cladel, Ompdrailles, 1879, p. 145).Le loup suivit son cheval, je vis, en me penchant, deux disques vert et rouge, un loup vairon (Giraudoux, Siegfried et Lim., 1922, p. 294).
B. − P. anal., peu fréq. [En parlant d'une chose par rapp. à une autre chose] Qui présente une teinte différente. Cette prunelle agrandie et cette vitre vairone [sic] juxtaposées augmentaient chez Simon la sensation d'inconfort (Druon, Gdes fam., t. 1, 1948, p. 134).
Prononc. et Orth.: [vε ʀ ɔ ̃], [ve-]. Homon. vairon2, véron, verrons (de voir). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Av. 1188 vairon subst. « cheval tacheté » (Partenopeus de Blois, éd. J. Gildea, 6909: Puis est montés el bel vairon); 1244 adj. (Testament de Baudouin III, comte de Guines ds Tailliar, Rec. d'actes, p. 116: et mon cheval vairon, et mon haubergh). B. 1. 1555 adj. « se dit de l'œil dont l'iris est entouré d'un anneau blanchâtre » (Belon, L'Hist. de la nature des oyseaux, III, 10, p. 166: oyseau qui eust l'œil de couleur si veronne); 1598 (A. Paré, Œuvres compl., éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 419: œil veron ou bigarré); 1611 (Cotgr., s.v. œil : œil veron); 1690 (Fur.: œuil vairon); 2. a) 1611 « se dit des yeux lorsqu'ils sont de couleurs différentes » (Cotgr., s.v. œil: œil veron); b) 1650 « se dit du cheval qui a les yeux vairons » (Mén., p. 644: veron, qui se dit proprement d'un cheval qui a un œil d'une façon, et un autre de l'autre); 1690 (Fur.: cheval vairon). Dér. de vair*; suff. -on1*.