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SÉSAME, subst. masc.
I.
A. − BOT. Plante herbacée annuelle, de la classe des Dicotylédones, essentiellement cultivée dans les régions tropicales et au Moyen-Orient pour ses graines comestibles dont on extrait, à froid, une huile alimentaire et, à chaud, une huile à usage industriel. Esquol avait des grenadiers, Sorek des vignes, Karmel des champs de sésame (Flaub., Hérodias, 1877, p. 140).Au pied de Nazareth, la campagne d'Esdrelon produit encore en abondance le sésame et le blé (Tharaud, An prochain, 1924, p. 134).
B. − P. méton. Graine de cette plante. Sésame grillé; bouillie, galette de sésame; broyer, faire cuire du sésame. Cinq cents hommes du peuple (...) mangeaient des figues, des lentilles, des gâteaux de sésame (Louÿs, Aphrodite, 1896, p. 150).Les tourteaux de sésame servent pour la nourriture du bétail (Lar. comm.1930).V. coco1ex. 1.
II. − Sésame(,) ouvre-toi, p. ell., sésame. [P. allus. au conte des Mille et Une Nuits intitulé Histoire d'Ali-Baba et des Quarante voleurs où le héros, en prononçant la formule magique Sésame, ouvre-toi, voit s'entrouvrir les parois de la caverne où est enfermé un fabuleux butin]
A. − Méthode appropriée (mot de passe, lettre de recommandation, pot-de-vin, etc.) pour se faire ouvrir un passage gardé, se faire introduire dans un lieu clos ou réservé. Si l'on parvenait, ce qui n'était point facile, à franchir le portier, − ce qui même pour presque tous était impossible, car il y avait un sésame, ouvre-toi! qu'il fallait savoir (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 572).Le nom de David, la signature de certains officiers de la Kommandantur, étaient à Roubaix un sésame (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 347).
P. anal. Code, mode d'ouverture d'une serrure. Le maudit portefeuille ne voulait pas s'ouvrir, et j'ai bien passé deux heures à trouver le mystérieux Sésame qui devait faire tourner les ressorts sur eux-mêmes (Gautier, Nouvelles, Fortunio, 1912 [1838], p. 50).Léonie forma le « mot » qui était le sésame du coffre et rangea sur une tablette l'acte qu'avait signé Lucienne Révolou (Mauriac, Chemins mer, 1939, p. 18).
B. − P. anal. Moyen de se faire admettre dans un certain milieu, une certaine société; p. ext., moyen de surmonter tous les obstacles, d'obtenir quelque chose. Il n'est aujourd'hui de Sésame ouvre-toi Qu'une dot bien sonnante, avec ou sans remploi (Augier, Jeunesse, 1858, p. 380).En outre, sur des marchés réputés difficiles d'accès, le japonais ou l'arabe servent de plus en plus de sésame (Le Monde,11 avr. 1987,p. 10, col. a).
Prononc. et Orth.: [sezam]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. 1240-44 bot. susseman (Assises de Jérusalem, éd. A. Beugnot, t. 2, p. 175 [ms. fin xives.] ds Mél. J. Horrent, p. 12); ca 1298 susiman, sosimain (Rusticien de Pise, Marco Polo, éd. L. F. Benedetto, pp. 37 et 177); xves. sisame (Grant herbier, éd. G. Camus, § 444); 1530 sesame (Cl. de Seyssel, trad. Hist. des successeurs d'Alexandre le Grand, f o40 r o: aultre bled qui se nomme Sesame); 2. a) 1704-17 Sésame, ouvre-toi « formule magique qui ouvrait la caverne aux trésors » (Les Mille et une nuits, trad. A. Galland, éd. G. Picard, 1960, t. 2, p. 414, Histoire d'Ali Baba et des quarante voleurs); b) 1833 Sésame, ouvre-toi! p. ext. « formule qui permet d'obtenir le résultat recherché » (Balzac, Théor. démarche, p. 626: le secret du Sésame ouvre-toi!); 1838 p. ell. sésame (Gautier, loc. cit.). Empr. au lat.sesamum, sisamum, et celui-ci au gr. σ η ́ σ α μ ο ν « sésame », mot d'orig. sémit. (cf. akkadien šamaššammu, ougaritique et phénicien ššmn, hébreu mishnaïque šumšom, ar. simsim). Voir E. Masson, Rech. sur les plus anc. empr. sémit. en gr., Paris, 1967, p. 57. Fréq. abs. littér.: 28.