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PROVENÇAL, -ALE, -AUX, adj. et subst.
A.− Adj. et subst. (Celui, celle) qui est originaire de la Provence, qui y vit. Voix chantante de Provençal (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 61).V. bastide ex. 3.
B.− Adj. [En parlant d'une chose] Qui est propre à la Provence, à ses habitants. Accent, cuisine, mas, paysage provençal(e). [Le] Museo Arlatan (...) a été créé par l'illustre Mistral pour offrir une image fidèle de la vie provençale (Barrès, Cahiers,t. 9, 1911, p. 122).Le grand art provençal des boules (Aragon, Beaux quart.,1936p. 212).V. brandade rem. ex. de Goncourt.
ART CULIN. Provençal ou à la provençale, loc. adj. (Qui est préparé) avec de l'ail, des oignons, du persil, des herbes aromatiques et de l'huile d'olive. Tomates provençales/à la provençale. Œufs sur le plat (...) [dont] le jaune est entouré d'un cordon de sauce provençale (Ac. Gastr.1962).Côtes de mouton provençales au gratin (Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 805).Surmulets à la provençale (Goncourt, Journal,1882, p. 157).V. estouffade ex. de Arnoux.
C.− LINGUISTIQUE
1. Subst. masc.
a) Dialecte occitan parlé dans l'ancienne Provence, le comté de Nice, le comtat Venaissin, le Sud du Dauphiné et les arrondissements de Nîmes et d'Uzès. Le provençal est dû, en fait, à une surévolution [évolution excessive] relativement récente (à partir du XVIes.) qui l'a détaché du languedocien et a achevé de lui donner son visage actuel. Le trait le plus significatif (...) est l'amuïssement des consonnes finales (en particulier -s du pluriel) (Encyclop. univ.t. 71968, p. 1028).La circulaire rectorale du 28 décembre 1981, dans l'Académie d'Aix-Marseille, avait fait le point de façon rigoureuse sur le provençal, dialecte de l'occitan (P. Pouget, Par les lang. de France,Paris, Centre Pompidou, 1984, p. 62).V. dialecte 2, occitan II B ex. de Encyclop. gén. Hachette.
b) Synon. de langue d'oc*, de occitan.Le provençal, parlé encore dans trente-huit départements du Midi de la France, n'est pas uniforme au point de vue linguistique (S. Pop, La Dialectologie,1950, p. 278).Le [trait] le plus typique est la conservation de l'a tonique libre qui différencie le provençal et le franco-provençal du français; toutefois en franco-provençal l'a se diphtongue derrière k, ce qui oppose l'occitan cabro, tchabra au franco-provençal tchevra. C'est la raison pour laquelle l'isoglosse de ka est prise comme limite septentrionale du provençal (P. Guiraud, Pat. et dial. fr.,1968, pp. 30-31).
Rem. Pour certains, en partic. pour les occitanistes, cet empl. est vieilli et remplacé par occitan.
En partic.
(Ancien) provençal. Langue littéraire des troubadours et du Félibrige. Dans le provençal ancien, la lettre et le son a caractérisaient les désinences féminines (Mistral, t. 1 1879, s.v. a). Le groupe des Félibres, au XIXes., avec Roumanille, Aubanel et surtout Mistral, a voulu montrer que le provençal était toujours une langue littéraire vivante (Quillet1965).[La] lingua romana rustica (...) devint la langue d'oc, dont le provençal des Troubadours fut au moyen âge la forme littéraire (Bourc.-Bourc.1967, p. 2).
Provençal alpin. Dialecte occitan parlé en Ardèche, dans la Drôme, les Hautes-Alpes et le nord des Basses-Alpes. Le provençal alpin (...) est resté plus solide, beaucoup plus près de la langue classique et de l'occitan moyen que l'auvergnat (P. Bec, La Lang. occit.,1963, p. 44).V. occitan II B ex. de Encyclop. gén. Hachette.
2. Adjectif
a) [En parlant d'une pers.] Qui s'exprime dans cette langue, dans ce dialecte. Auteur provençal. Une place spéciale doit être faite aux poètes provençaux, lesquels relèvent éminemment de l'intellectualisme avec leur conception platonicienne de l'amour, leurs systèmes d'abstractions (Benda, Fr. byz.,1945, p. 167).V. félibre ex.
b) [En parlant d'un élém. de lang.] Qui appartient à cette langue, à ce dialecte. Un gros et fort volume intitulé Mireïo : c'est le nom provençal de Mireille (Lamart., Cours litt.,1859, p. 245).Deux textes provençaux de l'époque révolutionnaire (A. Brun, La Lang. fr. en Provence,1927, p. 169).V. félibre A ex. de A. Daudet, félibréen dér. s.v. félibre ex. de Arnoux.
c) Loc. adv. À la provençale. À la manière de ceux qui s'expriment dans cette langue, dans ce dialecte. Ces dames et ces messieurs accentuaient à la provençale à qui mieux mieux (J.-J. Ampère, Corresp.,1830, p. 14).Il louait, sous le nom de « rose », toute corolle épanouie, il prononçait l'o bref, à la provençale, en pinçant, entre le pouce et l'index, une « roz » invisible (Colette, Sido,1929, p. 96).
Prononc. : [pʀ ɔvɑ ̃sal], plur. masc. [-o]. Étymol. et Hist. 1. Ca 1160 [Poitou] ethnique subst. Proençal (Alexandre décasyllabique, ms. Venise, éd. Elliott Monographs, no36, 2196); 1180-90 Provenciaus (Alexandre de Paris, Alexandre, éd. citée, no37, II, 1242); fin xiiies. adj. gent provencele (Vie St Remi, 4509 ds T.-L.); spéc. à la provençale a) 1634 « à la manière des Provençaux; trop vif » quelque discours à la provençale (Peiresc, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 3, p. 6); b) art culin. truffes à la provençale (Brillat-Savarin, Physiol. du goût, éd. Lausanne, H. Kaeser, 1951, t. 1, p. 120); 2. ling. a) « qui appartient à la langue des troubadours, du Midi de la France »; α) 1225-29 son provençal (Gerbert de Montreuil, Roman de la Violette, éd. D. Labaree-Buffum, 4186, var. ms. B, le plus anc., mil. xiiies.; en réf. à Bernard de Ventadour, v. note p. 270; cf. poitevin); 1418 subst. livre de devotion, escript en provençal et en latin (Arch. nat. KK 39 ds L. Delisle, Cabinet des mss..., t. 3, 1881, p. 134, 377 bis); β) [renouvellement de la connaissance des troubadours, cf. J. Stefanini, Un Provençal... l'abbé Féraud, Aix, 1969, pp. 207-236] 1575 (Jean de Nostredame, Les Vies des plus celebres et anciens poetes provensaux... recueillies des œuvres de divers autheurs qui les ont escrites en langue provenzale... Lyon); cf. [aux origines du provençal langue-mère] 1645 (J. de Caseneuve, Le Franc-alleu en Languedoc, 2eéd., Toulouse, J. Boude, I, II, p. 16 [à propos des peuples d'Aquitaine et de Languedoc] ces Romains furent appelés Provençaux... Il se trouve des autheurs chez lesquels Romain et Provençal, langue Romaine et Provençale sont mesme chose); 1790-92 (J. Fr. Féraud, Essais de gramm. et gloss. de la lang. provençale [inédit], cf. J. Stefanini, op. cit., p. 181); γ) 1823 [les prémices de l'École d'Avignon et du mouvement félibréen] adj. ([Lou Bouquet provençaou...] Le Bouquet provençal ou les troubadours ressuscités, Marseille); 1867 mes vers provençaux (Fr. Mistral, Calendau, trad. fr., Avignon, J. Roumanille, I, p. 9); 1838 subst. en provençal (Ozanam, Philos. Dante, p. 69); b) 1829 « dialecte parlé en Provence » (J.-B. Coye [1711-77] Œuvres... en vers provençaux, Arles, A. Mesnier); 1836 (C. F. de Gabrielli, Manuel du provençal ou les provençalismes corrigés à l'usage des... Bouches-du-Rhône, du Var... Aix, Aubin). Dér., à l'aide du suff. -al*, de Provence (ca 1100 Roland, éd. J. Bédier, 2325 : Provence e Equitaigne), forme sav. issue du lat. Provincia, v. province. Tandis qu'aux xeet xies. le comté et marquisat de Provence comprend sur la rive gauche du Rhône la région au sud de la Durance, Marseille y compris (a. prov. Proensa, v. province; Proensal 1175-1205 subst. Peire Vidal, éd. D'Arco Silvio Avalle (1960), XVII, 33; 1213-14 adj. Chans. croisade, éd. E. Martin-Chabot, laisse 156, 25), Provincia, Provincialis sont relevés dans un sens plus étendu pour désigner des terres situées sur l'une et l'autre rive du Rhône (déb. xiies. Albert d'Aix, IV, LVI, d'apr. P. Meyer ds Ann. du Midi, t. 1, 1889, p. 4 : de terra quae dicitur Provincia [en parlant du Puy-en-Velay]; 1erquart xiiies. Raimond d'Aiguille ds Hist. occid. croisades, III, 244c, ibid. : Omnes de Burgundia et Alvernia et Gasconia et Gothi Provinciales appellantur, ceteri vero Francigenae). Passant de la population à la langue, provincialis et proensal, provensal s'appliquent, parallèlement, à l'ensemble de la langue d'oc : ca 1240 provençhal subst. « la langue d'oc », en vulgar provençhal (Uc Faidit, Donatz proensals, éd. J. H. Marschall, 1969, p. 88, 2); adj. (ibid., p. 88, 1 : Incipit Donatus pro[v]incialis; le titre Donatz proensals étant seulement relevé dans le ms. C, xvies., ibid., p. 343, append. 1). Cette accept. large se retrouve au xixes., au moment de la Renaissance préparant la voie à l'École d'Avignon : 1823 (Lou Bouquet provençaou vo leis troubadours revioudas, Marseille); 1852 (Li Provençalo, Avignon (rec. coll. de divers poètes prov. publié par Roumanille). Fréq. abs. littér. : 304. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 358, b) 587; xxes. : a) 572, b) 327.
DÉR.
Provençalisme, subst. masc.a) Tendance à aimer la Provence, ce qui est propre à la Provence. Daudet nous lit (...) de son Bonnet (...). Je croyais que son enthousiasme pour le livre venait un peu de son provençalisme. Mais non, ce Bonnet est un grand lyrique en prose et c'est la première fois qu'on a la poésie contenue dans le cerveau d'un paysan, mais d'un paysan en un endroit de France où le soleil ensoleille les cerveaux (Goncourt, Journal,1894, p. 662).b) Ling. Particularité propre au provençal. Ces conversations fastidieuses et vides avaient pour les pimenter, le français le plus amusant, le plus bizarre, dans lequel des poncifs, des fleurs sèches de vieilles rhétoriques se mêlaient à d'étranges provençalismes (A. Daudet, N. Roumestan,1881, p. 62).− [pʀ ɔvɑ ̃salism̭]. − 1resattest. a) 1836 ling. (C. F. de Gabrielli, op. cit.), b) 1894 « caractère de ce qui est provençal » en parlant d'un livre (Goncourt, loc. cit.); de provençal, suff. -isme*.
BBG. − Müller (B.). Langue d'oc, Languedoc, occitan. Mél. Gamillscheg (E.), 1968, pp. 323-342. − Ronjat (J.). Gramm. hist. des parlers prov. mod. Genève-Marseille, 1980, 2 vol.