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PRÉOCCUPATION, subst. fém.
I. − Vx. État d'un esprit dominé par une idée préconçue. Modeste ne fut pas quittée un instant (...). Sous les regards de ces quatre argus, l'irréprochable enfant, dont les moindres mouvements furent étudiés, analysés, fut si bien acquittée de toute criminelle conversation, que les amis taxèrent madame Mignon de folie, de préoccupation (Balzac,Modeste Mignon, 1844, p.35).
II.
A. − État d'un esprit occupé de façon durable dominante, voire exclusive, par une idée, un sentiment, un souci. Sujet de préoccupation. Une fois le pied sur la terre ferme, une fois qu'il eut vu les dispositions, sinon amicales, du moins indifférentes de ses hôtes, toute sa préoccupation avait disparu (Dumas père, Monte-Cristo, t.1, 1846, p.391).Il grommelait en crachotant sur ses bottes, symptôme connu de hargneuse préoccupation que les camarades respectaient (Bloy,Femme pauvre, 1897, p.13):
. ... elle écrivait des lettres que je n'avais jamais demandé à voir, quoique, chaque fois, elles jetassent Marguerite dans une préoccupation profonde. Dumas fils, Dame Cam., 1848, p.196.
B. − P. méton., souvent au plur.
1. Pensée, sentiment, considération qui occupe l'esprit de façon dominante, voire exclusive. Préoccupations dominantes, habituelles, présentes; seule, unique préoccupation; préoccupation centrale, constante, continuelle, essentielle, exclusive, favorite, majeure, personnelle, principale; être au centre des préoccupations de qqn. Ce qui doit faire le centre de mes préoccupations (Barrès,Cahiers, t.3, 1902, p.64).
[Avec un compl. ou avec un adj. précisant l'objet ou la nature de la préoccupation]
Préoccupation + adj.Les menus s'inspirent de préoccupations régionalistes (Defert,Pol. tour. Fr., 1960, p.72).Ce nouveau régime hospitalier, qui entre plus ou moins facilement dans les moeurs (...), résulte à la fois de préoccupations médicales et universitaires et de préoccupations financières (Belorgey,Gouvern. et admin. Fr., 1967, p.311).
Préoccupation de + subst.M. Arnoux y brilla, et Frédéric fut étonné du cynisme de ces hommes. Cependant, leur préoccupation de la femme établissait entre eux et lui comme une égalité (Flaub.,Éduc. sent., t.1, 1869, p.61).Ces architectes ne s'aperçoivent pas que leurs préoccupations de grandeur et de pureté sont souvent contradictoires (Hautecoeur,Art sous Révol. et Emp., 1954, p.32).
2. Souci qui occupe entièrement l'esprit. De graves préoccupations. Ses préoccupations maternelles sur l'avenir de son fils et de ses charmantes filles (Lamart.,Voy. Orient, t.1, 1835, p.364).Une préoccupation distrait d'une préoccupation plus grave (Mérimée,Portr. hist. et littér., 1870, p.175).En calmant les préoccupations par un repos à la campagne (Quillet Méd.1965, p.486).
Être la préoccupation de qqn. Ce sacré soûlard était sa préoccupation (Zola,Assommoir, 1877, p.687).
Prononc. et Orth.: [pʀeɔkypasjɔ ̃]. Ac. 1694: pré-; 1718: pre-; dep. 1740: pré-. Étymol. et Hist. 1. 1486 «souci, inquiétude» (Reigle M. S. Benoist, fo70d ds Gdf. Compl.), attest. isolée; de nouv. 1835 (Lamart., loc. cit.); 2. 1547 «action de prévenir une objection» (N. Du Fail, Propos rustiques ds OEuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t.1, p.90); 3. 1580 «état d'un esprit tout entier occupé par une idée ou un sentiment préconçus; prévention» (Montaigne, Essais, II, 12, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, p.448); 4. 1733 «état d'un esprit absorbé par un objet au point d'être indifférent à tout le reste, attention exclusive» (Marivaux, L'Heureux stratagème, II, 5, p.77). Empr. au lat. praeoccupatio «action d'occuper un lieu en premier», le mot a suivi l'évol. sém. de préoccuper*. Fréq. abs. littér.: 1691. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1235, b) 2746; xxes.: a) 3067, b) 2820. Bbg. Schalk (F.). Praejudicium im Romanischen. Frankfurt/Main, 1971, pp.10-15. _ Vaganay (H.). Pour l'hist. du fr. mod. Rom. Forsch. 1913, t.32, p.133.