× Annonce

Chers usagers du portail lexical du CNRTL,

Après vingt ans de bons et loyaux services, la version actuelle du portail sera prochainement remplacée par une nouvelle version au 1er juillet 2026. Cette nouvelle version apporte une refonte complète de l'interface adaptée à tous les supports (ordinateurs, tablettes, smartphones) et inclut également de nouvelles ressources.

Vous pouvez d'ores et déjà vous familiariser avec la nouvelle version ici : Portail lexical

En vous remerciant,

L'équipe du CNRTL
Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

notices corrigéescatégorie :
VOGUER, verbe
Étymol. et Hist. I. Intrans. mar. 1. ca 1208 « naviguer, faire avancer un navire » (Geoffroi de Villehardouin, Conquête de Constantinople, éd. E. Faral, 469, t. 2, p. 284); spéc. 1278 « tirer sur les rames pour faire avancer un navire » (doc. ds A. Boüard, Actes et lettres de Charles Ier, roi de Sicile, 97, 102 ds Fennis Stolon., p. 535); 1461 loc. fig. vaugue la galee! (Les Menus propos ds Rec. gén. des Sotties, éd. E. Picot, t. 1, p. 111, 561); 1552 Vogue la gualere (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, chap. 23, p. 123, 54); 2. ca 1425 p. métaph. vauguer (comme nef qui perist) « être entraîné dans des hasards dangereux (d'une personne) » (A. Chartier, Le Livre de l'Esperance, éd. Fr. Rouy, p. 8, 117); 3. 1560 id. « avoir cours » (E. Pasquier, Rech., I, 12 ds Gdf.); 1583-84 « être en vogue » (Brantôme, Des Dames ds Œuvres, éd. L. Lalanne, t. 9, p. 339); 4. 1769 id. voguer « avancer sur l'eau (d'animaux aquatiques) » (Delisle de Sales, De la Philosophie de la nature, p. 489). II. Trans. pot. 1765 (Encyclop.: Voquer, ce mot n'est pas françois, quoiqu'il se lise dans le Trévoux [cf. Trév. 1704-1752]; c'est voguer que disent les Potiers de terre et autres ouvriers. Voyez voguer [le terme de pot. n'est pas mentionné s.v. voguer]); 1771 (Trév.: Voquer v.a. Terme de Potier [...] On prétend qu'il faut dire voguer: et il paroît qu'on a raison). I est d'orig. controversée. Pour Vidos Tecn., pp. 165-168, suivi par FEW t. 17, pp. 606-607 et Bl.-W.3-5, s'appuyant sur un lat. médiév. vogatium « droit de navigation » att. en 1049 (Bulle de Léon IX adressée aux Bénédictins de l'abbaye de Stavelot et relative à la Loire, citée ds Du Cange d'apr. Mabillon) qu'il croit être une latinisation de vogage dér. de voguer, voguer est empr. à l'a. b. all. *wogon « balancer », altér. de wagen « id. », et l'ital. vogare est empr. au fr. Cette hyp. se heurte à plusieurs difficultés: un terme de mar. empr. par l'ital. au fr. qui lui-même l'aurait empr. à l'a. b. all. est inhabituel, et l'on trouve en Italie du Sud des formes dial. en -c- qui ne peuvent s'expliquer par l'empr. au fr.; de plus, le lat. médiév. vogatium est dû à une mauvaise lecture de Mabillon; c'est vogatio qui est att. ds le texte original et on peut l'interpréter comme une altér. de (ad) vocatio « domaine » (cf. H. et R. Kahane, infra). C'est pourquoi les étymologistes ital. (Prati, DEI, suivis par Hope, p. 52, Cor.-Pasc. et Fennis Stolon., pp. 536-537) voient dans voguer un empr. à l'ital. vogare, att. dès le xiiies. (Novellino et sirventes pisan d'apr. Cort.-Zolli; lat. médiév. vogare en 1214 à Gênes ds Jal1), lui-même issu du lat. vocare « appeler » qui aurait pris le sens de « crier pour donner le rythme aux rameurs », puis celui de « ramer »; mais cette hyp. se heurte au fait que le lat. vocare n'a pas laissé de descendant pop. en ital.; le passage de l'empl. trans. à l'empl. intrans. fait également difficulté. Aussi, plus récemment, H. et R. Kahane (ds Mél. Hubschmid (J.), pp. 249-254; cf. Cort.-Zolli), pour qui le fr. est aussi empr. à l'ital., ont émis l'hyp. (déjà entrevue par G. Rohlfs ds Lexicon Graecanicum Italiae Inferioris, p. 83) que l'ital. vogare serait issu p. métaph. du gr. *β α υ κ α ́ ω « bercer, balancer », dér., comme la forme élargie β α υ κ α λ α ́ ω « bercer », β α υ κ α ́ λ η « berceau », d'une racine pop. anc. bauk- « bercement, balancement ». Cette hyp. a le mérite d'expliquer les formes dial. de l'Italie du Sud issues, soit de la forme longue (voculiare, vuoculiare « balancer, basculer », vócula, vócola « berceau, bascule »), soit de la forme courte (vúka, vóka « bercer », vocare, vocari, vucare « voguer, ramer », voca-voca « bascule »). II représente une altér. par fausse étymol. de voquer (dep. 1680, Rich.), à l'orig. forme dial. pic.-norm. ou occ. issue du lat. *volvicare « tourner », dér. de volvere « id. » (FEW t. 14, p. 624b et p. 625b, note 2), plutôt qu'une métaph. à partir de I avec d'abord une désonorisation inexpliquée (FEW t. 17, p. 606b et p. 607b, note 2).