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PINCER, verbe trans.
Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1165 «saisir (quelqu'un) moralement (en parlant de l'amour)» (Benoît de Ste-Maure, Troie, 17568: Pinciez sera d'Amors e mors); b) α) 1809 en pincer pour (qqc.) «aimer (quelque chose)» (Brazier d'apr. Larch. 1869, p.250); β) 1869 en pincer pour (qqn) «aimer (quelqu'un)» (Larch., loc. cit.); 2. a) 1178 «serrer (une partie de la peau) entre les extrémités des doigts» (Renart, éd. M. Roques, branche XII, 12999: pincent le col et puis l'escorce); b) 1552 pincer la lyre (Ronsard, Odes, V, VIII, 599 ds OEuvres, éd. P. Laumonier, t.3, p.152); 1680 pincer les cordes d'un luth (Rich.); c) part. passé α) 1768 subst. masc. «agrément du genre des trilles propre à certains instruments» (Rousseau, p.372); β) 1926 instrument à cordes pincées (Bouasse, Cordes et membranes, p.276); 3. a) 1588 fig. (Montaigne, Essais, III, 9, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p.978: Je sens la mort qui me pince continuellement la gorge ou les reins); b) α) 1833 le froid pince (Balzac, Méd. camp., p.184); β) 1835 ça pince «il fait très froid» (Monnier, Scènes populaires, II, p.110 ds Quem. DDL t.19). B. 1676 [éd.] hortic. (Le Gendre, La Manière de cultiver les arbres fruitiers, p.114). C. 1. a) 1690 «serrer fortement de manière à rapprocher, à rendre plus étroit, plus mince» (Mmede Sévigné, Lettre du 15 janv. ds Corresp., éd. R. Duchêne, t.3, p.810: pincer le nez); b) 1695 air pincé (Regnard, Le Bal, 12 ds Littré); 1747 homme ... pincé dans la conversation (Voltaire, Cosi-sancta ds Rob.); 2. 1701 terme de relieur (Fur.); 3. 1831 cout. habit pincé (Nodier, Fée Miettes, p.107); 4. 1834 pincer la taille (en parlant d'un vêtement) (Balzac, E. Grandet, p.54). D. 1. Fin du xives. «arrêter (quelqu'un), appréhender» (Eustache Deschamps, OEuvres, éd. G. Raynaud, t.9, p.157, 4784); de nouv. 1732 [éd.] (Lesage, Hist. de Guzman d'Alfarache, t.2, p.261); 2. 1798 «prendre en faute» (Ac.). Dér. du rad. expressif *pints-, qui évoque une saisie rapide et brusque; dés. -er (cf. aussi l'ital. pinzare «piquer (d'un insecte)» et l'esp. pinchar «piquer». V. FEW t.8, pp.541b-542a et 547a-b.