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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ÉMASCULER

verbe transitif
Priver un homme ou un animal mâle des organes de la reproduction. Synon. castrer, châtrer. Si le mâle [lapin] insiste, la femelle le mord (...) elle tâche d'atteindre, le malheureux dans le siège même du désir. Il arrive qu'elle l'émascule, d'un seul coup. Alors la bête blessée pousse des cris terribles (Duhamel, Maîtres, 1937, p. 12) :
1. ... il [Vinci] avait quelque mérite à écouter les vociférations de tous ces forcenés qui se vantaient, chacun, d'avoir décapité ou bien émasculé deux ou trois de ses compatriotes... (Tharaud, Le Passant d'Éthiopie, 1936, p. 134)
• Emploi pronom. réfl. :
2. atys. — Que ne suis-je femme! (...) Ma virilité me fait horreur! Avec une pierre tranchante il s'émascule, puis se met à courir furieux, en levant dans l'air son membre coupé. (Flaubert, La Tentation de St Antoine, 1874, p. 138)
— Au fig.[Le compl. désigne une pers., un de ses attributs] Priver de sa force, affaiblir, rendre efféminé. On a pétri mon intelligence, déformé ma conscience, émasculé ma volonté (Estaunié, Empreinte, 1896, p. 330). Moi (...) qui n'aime point, ni comme chef ni comme maître, d'émasculer mon peuple et de le changer en fourmis aveugles et obéissantes (Saint-Exup., Citad., 1944, p. 601).
Prononciation et orthographe
[emaskyle]. Ds Ac. 1932.
Étymologie et histoire
1375 [éd. 1531] estre emasculez (Raoul de Presles, Cité de Dieu, VI, 8 ds R. Hist. litt. Fr. t. 11, p. 499); av. 1865 part. passé, fig. (Proudhon ds Lar. 19e). Empr. au lat. impérial emasculare « châtrer ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 10.
Dérivés

Émasculation

substantif féminin
Action d'émasculer. Dans un troisième [tableau], un officier (...) verse (...) des objets difficiles à nommer, mais qui prouvent qu'autrefois l'émasculation était pratiquée sur les vaincus (Du Camp, Nil, 1854, p. 241). Au fig. Fait de priver de sa force, d'affaiblir. Les procédés les plus ingénieux furent mis au service de cette gigantesque entreprise d'émasculation morale (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 137). — [emaskylasjɔ̃]. — 1re attest. 1755 (Encyclop. t. 5), av. 1870 fig. (E. Montégut ds Lar. 19e); du rad. de émasculer, suff. -(a)tion*. — Fréq. abs. littér. : 2.