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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

ÉBAUDIR

verbe
Vieux
A. —Emploi trans. Mettre en allégresse, divertir, égayer. Il nous a ébaudis avec son récit extravagant (Ac., 1932).
B. —Emploi pronom. réfl. S'égayer, se réjouir. La joie calme où s'ébaudissait mon âme. (Baudel., Poèmes prose, 1867, p. 79). Tout ce monde-là (...) ne demandait qu'à s'ébaudir, rigoler et chanter avec l'entrain canaille d'une flotte de canotiers de la Seine (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 213 214).
Remarque : 1. On rencontre surtout l'emploi pronom. 2. L'orth. arch. s'esbaudir est parfois empl. avec une valeur d'affectation ou d'ironie plus ou moins plaisante. L'âge (...) ne nous aide pas seulement à nous plaire au milieu des vivants, à nous esbaudir des raseurs, à nous émerveiller des idiotes (Mauriac, Journal 1, 1934, p. 86). Encore un petit coup à la bière... on pourra jamais se relever... alors ça sera beaucoup mieux... ils bavachent... ils s'esbaudissent tous les fainéants... (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 256).
Prononciation et orthographe
[ebodi:ʀ]. Demi-longueur de [o] ds Passy 1914 et Barbeau-Rodhe 1914. Ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
Ca 1100 pronom. « être rempli de joie, d'ardeur » si s'esbaldissent Franc (Roland, éd. J. Bédier, 1524); ca 1160 trans. (Enéas, 675 ds T.-L.). Dér. de l'a. fr. bald, balt « joyeux » ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 96 : balz e liez), v. baud.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 20.
Bibliographie
Gir. t. 2. Nouv. Rem. 1834, p. 33.